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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 23:05

 

Tarnac, magasin général" : affaire personnelle, affaire d’époque

jeudi 8 mars 2012

popularité : 86%

Après Prison Valley, le journaliste David Dufresne signe un épais témoignage sur l’affaire de Tarnac, tel qu’il l’a vécue depuis son commencement. À base d’interviews, procès-verbaux et impressions. David Dufresne l’a prise à cœur, cette histoire de Tarnac, depuis plus de trois ans. Comme nous tous, journalistes ayant suivi l’affaire que Dufresne souligne par l’italique, tout au long de son bouquin. Pour y avoir participé puis s’en être éloigné, il sait parler de la course médiatique, de ses règles plus ou moins loyales, un peu à la façon de Laurence Lacour dans Le Bûcher des innocents.

Tarnac l’a empêché de dormir la nuit, Tarnac lui a fait faire des kilomètres, des allers-retours en bagnole et en esprit. Il le raconte, sans s’interdire la première personne. Le genre de dossiers où, dans les films, le pisse-copie solitaire finit par dessiner sur les murs en fumant plein de clopes, une bouteille de whisky demi-bue posée à côté de son chat. Sauf qu’à Hollywood, le bougre tenace résout toujours l’énigme avant le générique. Là, Dufresne sait dès le départ qu’il ne trouvera pas “la” solution, la clé de l’énigme. Il ne confondra pas le saboteur de caténaires en série, ni ne prouvera la “manipulation politique” dénoncée par les avocats de la défense. Il va juste essayer de comprendre. Il en fait une affaire personnelle, comme, l’explique-t-il, tous les protagonistes du dossier.

Pour achalander son Magasin général, le journaliste a rencontré tous ceux qu’il a pu atteindre. Il raconte leurs anecdotes et leurs points de vue irréconciliables, chacun de son côté de la ligne de front. Juge contre avocats, parents contre accusateurs, police contre mis en examen, police contre police. L’auteur les laisse parler, ne tranche pas, quitte à ressortir avec plus de questions qu’en entrant. Il met un point d’honneur à ne pas faire semblant de savoir. Affaire personnelle, aussi, pour les mis en examen, qui ont expérimenté chacun à leur manière la prison et/ou le contrôle judiciaire, les questions absurdes des flics qui fouillaient leurs bibliothèques et des journalistes qui fouillaient leurs poubelles. L’exposition de leur personne, subie puis assumée, quitte à essuyer les procès en “peoplisation”.

Affaire personnelle pour le juge d’instruction et les policiers, sans cesse blessés par les piques contre leur enquête, les avocats énervants, les journalistes innocentistes, les interrogés ingouvernables. Alors qu’eux, professionnels, ont le droit et le devoir d’arrêter, de mettre en garde a vue, mais n’y adjoignent pas le privilège de la parole. Dufresne leur donne l’occasion de s’expliquer, sans bien savoir si ces flics viennent se livrer en cachette ou en service commandé. “Je suis dans une affaire qui me dépasse”, a dit Julien Coupat à sa mère, citée dans le livre. L’affaire d’une époque, ajoute Dufresne. Quelle époque ? Celle où, parmi 4 000 “actes de malveillance” constatés chaque année sur les voies SNCF, quelques crochets sur des caténaires se transforment en affaire terroriste parce qu’ils seraient animés d’une volonté politique.

 

 

Commentaire: J'avais en son temps potassé cette affaire de Tarnac. Pas seulement pour l'affaire mais au départ ce sujet m'avait attiré car je suis corrézien d'origine. Je savais où se trouvais Tarnac et j'avais parcouru certains articles sur des gazettes diverses qui m'avaient un peu laissé pour le moins circonspect.

 

Du coup je m'étais mis à suivre les péripéties judiciaires de cette affaire où MAM alors ministre de l'intérieur n'a eu de cesse de torpiller la procédure par des mensonges, des falsifications de preuves, le tout dans une médiatisation sans précédent concertée et alambiquée par une volée de journalistes qui réussissent à créer une Buz médiatique à l'encontre des accusés. Personne n'a oublié l'odieuse et violente interpellation de l'équipe Coupat par une armée de policiers du SRpj, laissant médusés les habitants du petit village de Tarnac où chacun des habitants connaissaient les accusés qui vivaient là sans histoires.

J'avais écrit sur ce blog plusieurs papiers sur le sujet, non pas pour faire un tabac mais pour me faire plaisir de dénoncer certaines pratiques dignes d'une République bananière.

 

Bref, l'équipe est accusée Coupat est jeté en prison et ses amis laissés en liberté suveillée. Le principal accusé instigateur seulement présumé Julien Coupat restera 7 mois en prison et libéré en "un bizarre catimini médiatique" sous la pression des avocats de l'accusé.

 

Affaire classée! Non mais on entend plus parler de rien, un procés en réhabilitation est il prévu?, ce dossier est il classé on ne sait plus rien?. La cohorte journalistique affiche silence radio, aucune investigation sur un sujet aussi grave, rien depuis deux ans. sauf depuis quelques jours, car il semble que le livre de David Dufresnes ait secoué un peu la fourmilière, et quelqu'un va t-il poser la question à Sarko, peu probable ( secret défense oblige).

 

Le livre de David Dufresnes ( que je n'ai pas encore trouvé) m'apportera... peut-être quelques éléments de réponse mais je ne m'attends pas a des révélations extraordinaires mais ce sera surement mieux que ce rien depuis deux ans.

 

Je vais lire ce bouquin sitôt que je le trouve et je reviendrai faire mon petit compte rendu. JG.

 

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Published by Jean Georges - dans ecrire
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Jean Georges 12/03/2012 22:55


Bonsoir Fred,


Je n'ai pas reçu le livre mais un commentaire qui n'est pas de moi, fort édifiant.


Une enquête façon road movie sur les dessous de l’affaire de Tarnac. 11 novembre 2008, au petit matin. Cent cinquante policiers antiterroristes et de la Direction centrale du Renseignement
intérieur (DCRI) investissent Tarnac, un village de Corrèze. Ils sont venus arrêter Julien Coupat et ses amis, suspectés d’avoir saboté quatre lignes TGV. Les interpellations, pilotées en direct
depuis le ministère de l’Intérieur, se font sous l’œil des caméras. L’instant est décisif : il s’agit de prouver à l’opinion publique l’efficacité de la DCRI, le « FBI à la Française » voulu par
Nicolas Sarkozy. C’est un ordre, venu d’en haut. Et c’est le début d’une terrible déroute : quand la police se fait bras armé de la politique, le fiasco n’est jamais loin. Pendant trois ans,
David Dufresne a rencontré tous les protagonistes de l’affaire. Mis en examen, policiers, magistrats, membres de cabinets ministériels ; avec le temps, tous ont accepté de se confier. Des
sans-grades aux proches de Nicolas Sarkozy, jusqu’aux patrons du Renseignement français, leurs propos dessinent un portrait de la France d’aujourd’hui. Logiques à l’œuvre, guerre des polices,
mensonges, fantasmes, l’enquête, écrite façon road movie, transporte le lecteur au cœur du pouvoir, et du contre-pouvoir ; chez les autonomes comme dans les arcanes des services secrets. Au fil
des pages, l’affaire de Tarnac devient une affaire policière (qui surveille-t-on et comment ?), une affaire politique (qu'est-ce que le terrorisme aujourd'hui ?), une affaire personnelle (celle
d’un journaliste faisant l’expérience du désenchantement) et une affaire d’utopies et de fantasmes, de part et d’autre. Enquête minutieuse oscillant dans les marais des mensonges d’État,
l’ouvrage met au jour avec un style original, brillant et sensible, toutes les contradictions du quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Jean Georges 12/03/2012 22:41


Secret défense....! pour quelques crochets comme dit Dufresne balancés sur les caténaires alors que chaque année environ 4000 malversations sont dénombrées dont la plupart beaucoup plus graves
comme les vols de cuivre.JG.

Le Mousquetaire des Mots 12/03/2012 20:59


Bonsoir Jean-Georges,


Je n'avais pas vraiment suivi cette affaire, car j'avais d'autres préoccupations. mais mon oreille avait bea être distraite, elle n'en a pas moins capté
quelques bruits et tout cet embrouillamini paraît quelque peu étrange. enfin, étrange, c'est une façon de dire qu'on ne peut que soupçonner un bidouillage bien arrageant. Je n'ai pas pour
habitude de donner l'absolution, mais en l'état, je ne vois pas ce que je pourrais faire d'autre que de me poser quelques questions sur la véracité de ce qui a été exposé dans la presse.
Saura-t-on jamais la vérité ? j'en doute. Sans doute trop secret défense...

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