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Tarnac, magasin général" : affaire personnelle, affaire d’époque
jeudi 8 mars 2012
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Après Prison Valley, le journaliste David Dufresne signe un épais témoignage sur l’affaire de Tarnac, tel
qu’il l’a vécue depuis son commencement. À base d’interviews, procès-verbaux et impressions. David Dufresne l’a prise à cœur, cette histoire de Tarnac, depuis plus de trois ans. Comme nous tous,
journalistes ayant suivi l’affaire que Dufresne souligne par l’italique, tout au long de son bouquin. Pour y avoir participé puis s’en être éloigné, il sait parler de la course médiatique, de ses
règles plus ou moins loyales, un peu à la façon de Laurence Lacour dans Le Bûcher
des innocents.
Tarnac l’a empêché de dormir la nuit, Tarnac lui a fait faire des kilomètres, des allers-retours en bagnole et en esprit. Il
le raconte, sans s’interdire la première personne. Le genre de dossiers où, dans les films, le pisse-copie solitaire finit par dessiner sur les murs en fumant plein de clopes, une bouteille de
whisky demi-bue posée à côté de son chat. Sauf qu’à Hollywood, le bougre tenace résout toujours l’énigme avant le générique. Là, Dufresne sait dès le départ qu’il ne trouvera pas “la” solution, la clé de l’énigme. Il ne confondra pas le saboteur de caténaires en série, ni ne prouvera la “manipulation politique” dénoncée par les avocats de
la défense. Il va juste essayer de comprendre. Il en fait une affaire personnelle, comme, l’explique-t-il, tous les protagonistes du dossier.
Pour achalander son Magasin général, le journaliste a rencontré tous ceux qu’il a pu atteindre. Il raconte leurs anecdotes et leurs points de vue irréconciliables, chacun de son côté de la ligne
de front. Juge contre avocats, parents contre accusateurs, police contre mis en examen, police contre police. L’auteur les laisse parler, ne tranche pas, quitte à ressortir avec plus de questions
qu’en entrant. Il met un point d’honneur à ne pas faire semblant de savoir. Affaire personnelle, aussi, pour les mis en examen, qui ont expérimenté chacun à leur manière la prison et/ou le
contrôle judiciaire, les questions absurdes des flics qui fouillaient leurs bibliothèques et des journalistes qui fouillaient leurs poubelles. L’exposition de leur personne, subie puis assumée,
quitte à essuyer les procès en “peoplisation”.
Affaire personnelle pour le juge d’instruction et les policiers, sans cesse blessés par les piques contre leur enquête, les avocats énervants, les journalistes innocentistes, les interrogés
ingouvernables. Alors qu’eux, professionnels, ont le droit et le devoir d’arrêter, de mettre en garde a vue, mais n’y adjoignent pas le privilège de la parole. Dufresne leur donne l’occasion de
s’expliquer, sans bien savoir si ces flics viennent se livrer en cachette ou en service commandé. “Je suis dans une affaire qui me dépasse”, a dit Julien Coupat à sa mère,
citée dans le livre. L’affaire d’une époque, ajoute Dufresne. Quelle époque ? Celle où, parmi 4 000 “actes de malveillance” constatés chaque année sur les voies
SNCF, quelques crochets sur des caténaires se transforment en affaire terroriste parce qu’ils seraient animés d’une volonté politique.
Commentaire: J'avais en son temps potassé cette affaire de Tarnac. Pas seulement pour l'affaire mais au départ ce sujet m'avait attiré car je suis corrézien
d'origine. Je savais où se trouvais Tarnac et j'avais parcouru certains articles sur des gazettes diverses qui m'avaient un peu laissé pour le moins circonspect.
Du coup je m'étais mis à suivre les péripéties judiciaires de cette affaire où MAM alors ministre de l'intérieur n'a eu de cesse de torpiller la procédure par des
mensonges, des falsifications de preuves, le tout dans une médiatisation sans précédent concertée et alambiquée par une volée de journalistes qui réussissent à créer une Buz médiatique à
l'encontre des accusés. Personne n'a oublié l'odieuse et violente interpellation de l'équipe Coupat par une armée de policiers du SRpj, laissant médusés les habitants du petit village de Tarnac
où chacun des habitants connaissaient les accusés qui vivaient là sans histoires.
J'avais écrit sur ce blog plusieurs papiers sur le sujet, non pas pour faire un tabac mais pour me faire plaisir de dénoncer certaines pratiques dignes d'une
République bananière.
Bref, l'équipe est accusée Coupat est jeté en prison et ses amis laissés en liberté suveillée. Le principal accusé instigateur seulement présumé Julien Coupat
restera 7 mois en prison et libéré en "un bizarre catimini médiatique" sous la pression des avocats de l'accusé.
Affaire classée! Non mais on entend plus parler de rien, un procés en réhabilitation est il prévu?, ce dossier est il classé on ne sait plus rien?. La cohorte
journalistique affiche silence radio, aucune investigation sur un sujet aussi grave, rien depuis deux ans. sauf depuis quelques jours, car il semble que le livre de David Dufresnes ait secoué un
peu la fourmilière, et quelqu'un va t-il poser la question à Sarko, peu probable ( secret défense oblige).
Le livre de David Dufresnes ( que je n'ai pas encore trouvé) m'apportera... peut-être quelques éléments de réponse mais je ne m'attends pas a des révélations
extraordinaires mais ce sera surement mieux que ce rien depuis deux ans.
Je vais lire ce bouquin sitôt que je le trouve et je reviendrai faire mon petit compte rendu. JG.
Le HuffPost avec AFP | Publication: 21/05/2012 12:28 Mis à jour: 21/05/2012 22:51