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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 20:53

Le dimanche main avec Zozo on allait prendre une douche vers la station de métro " Mairie d'Issy" dans la semaine on, se lavait au robinet devant notre "dortoir" et les toilettes au fond du jardinet et leur porte avec la découpe d'un coeur pour l'aération, tout cela nous convenait très bien. C'est vers la mi Juin qu'un beau matin Mr Francini nous annonça avec un réel plaisir.
- Préparez-vous les gars, on part Lundi matin dans le département des Deux-Sèvres construire des écoles. Nous passâmes le samedi à charger la vieille 202, de brouettes de pelles, de pioches, ainsi que nos outils personnels et aussi de quelques planches et madriers qui dépassaient à l'arrière de plus d'un mètre, et ma mobylette par la-dessus. Le lundi matin un quatrième homme était arrivé, il s'appelait Cecconi il s'assit  devant avec le chef et Zozo et moi prîmes place avec le matériel dans deux niches que nous avions eu la précaution de réserver.
On démarra vers cinq heures du matin d'Issy les Moulineaux. En route, un arrêt du côté de Tours , nous permit de boire un café et manger quelques croissants.
Cest vers une heure de l'après midi que la 202 stoppai dans un village sous un gros platane, devant une grande place plantée de marronniers en fleurs. Sur notre droite se dressait un hotel restaurant, dont la façade baroque ressemblait à un décor de cinéma. Sous un soleil radieux, la terrase avec ses parasols de réclame " Ricard et Pastis 51" et ses lauriers roses dans des gros pots en bois , faits avec des demi-barriques, peintes en rouge et blanc, me donna une folle envie de vacances. 

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 18:30

Je me revois encore débarquant à la gare d'Austerlitz, complètement perdu, ne sachant par où sortir, sinon en suivant la foule qui prenait les taxis d'assaut à la sortie. Après quelques minutes j'en trouvais un qui me conduisit à Issy les Moulineaux, avenue de Verdun où habitait le Chef de Chantier Mr Francini. Lui n'était pas là, mais sa femme me reçu, nous nous connaissions car elle était venue en vacances à l'hôtel où nous étions en pension l'année précédente.
Je dormis quelques nuits dans un hôtel proche, mais vu le prix des nuitées je m'arrangeais avec mon chef, je m'invitais à dormir chez lui dans une ancienne écurie dans le fond de son grand jardin, avec Zozo qui y était déjà installé et que j'avais retrouvé avec plaisir. Il m'aida à trouver un matelas une couverture , j'achetais un sac de couchage et cela fit mon affaire provisoirement. Mon père me renvoya ma mobylette par un transporteur corrézien, je récupérais l'engin vers la porte d'Ivry dans un espèce de Dépot. Je vécu là quelques temps tranquille, je fis connaissance d'un breton, un platrier qui gagnait trés bien sa vie, comme il connaissait bien Paris, il m'emmenait danser le samedi et le Dimanche , au Balajo, ou au bal auvergnat rue de Lappe où l'on retrouvait notre classe féminine de bonnes à tout faire , de cousettes ou de dactylos. On y rencontrait aussi beaucoup de gars du bâtiment de nos régions respectives.
Dans la semaine on travaillait dur, on avait terminé une maison a Conflent Sainte Honorine, et une autre du côté de Montesson. Nous partions au travail avec une camionnette Peugeot 202 bachée, on ne travaillait pas le samedi après midi ce qui nous laissait du temps. Un samedi soir Mr Francini, qui était un peu fan de foot-ball m'emmena au Parc des Princes voir un match, c'était le Racing contre Reims, toute une époque! comme dirait Tierry Roland le célèbre commentateur quand on a vu jouer J.Fontaine , Kopa et autre Piantoni la terre peut s'arrêter de tourner.

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14 avril 2008 1 14 /04 /avril /2008 09:58

Je lui racontais brièvement mon histoire et, mettant la main sur nos valises on s'approcha du quai en discutant de choses et d'autres. Je ne sais pas d'où étaient arrivés tous ces futurs "bidasses" que l'on remarquait à leur mine un peu défaite, rongeant leur frein au bord des rails, parmi quelques rares personnes plus âgées et souvent en couple en attente du train de Paris.
Peu de temps après la voix nasillarde annonça
- Attention! Attention! Le train express en provenance de Paris va entrer en gare, les voyageurs à destination de Saint Jean d'angely, Saintes, Bordeaux, Irun veuillez accéder au quai N° 1. Attention! Seulement deux minutes d'arrêt!
Le train se rangea, les wagons de queue en face la gare.
Compte tenu de la cinquantaine de voyageurs en partance, je me dis qu'il y aurait de la place, d'autant que quelques personnes arrivées à destination descendaient déjà des voitures collées au quai sur une belle longueur, en s'éparpillant rapidement jusqu'à la sortie. Je dus déchanter rapidement une fois dans le wagon qui se trouvait devant moi, les compartiments étaient envahis , les couloirs encombrés de jeunes hommes et de valises. Certains petits groupes noyaient leur chagrin en buvant des canettes de bière, ou de soda achetés aux gares de Poitiers ou de Saint Pierre des corps, rares étaient ceux qui partaient la "fleur au fusil" en chantant, quelques rares scandaient sans conviction des slogans antimilitaristes ou racistes. Mais la plupart généralement seuls exprimaient leur tristesse la tête baissée, ou bien dormaient dans des endroits un peu plus dégagés, assis par terre la tête sur les genoux. J'avais perdu mon acolyte, mais je finis par trouver une place assise dans un compartiment.
Le train express filait vers Bordeaux , et regardant le paysage je me remis à penser à ces trois années écoulées

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 21:35

Et cela me remit un peu de coeur au ventre. Quelques jeunes consommateurs étaient comme moi, accoudés au bar ou assis devant de petites tables en formica, consommant café, biere, ou soda. Non loin de moi, l'un d'eux , un verre de vin blanc sous le nez et sa petite valise a ses pieds, attira mon attention. Je me dis ça c'est un autre conscrit, nos regards se croisèrent, il guigna sur ma valise et me dit avec son accent de la gâtine ( que je connaissais bien )
- Toi aussi tu vas à Bordeaux?
- Eh! Oui! Et je pense que nous ne serons pas les seuls, je sais pas si tu as vu, ici déjà , et sur le quai il y en a partout.
Je tendis le bras sur la gauche lui montrant la vingtaine de jeunes gars qui faisaient les cent pas le long de la voie avec leurs petites valises ou leur "baluchon". En hochant la tête il approuva .
- Ah! Oui! Ne m'en parle pas << fi de garce, fan de putain de tarsa creva )* Quelle bande de cons, je serais bien resté chez moi avec tout le boulot qu'il y a la maison!
Ce langage me confirma mon impression que ce gars là était bien du coin. Ils avaient tous un accent rocailleux avec une foule de jurons inédits ailleurs avec certains mots proches de notre patois Limousin, je relançais la conversation.
- Tu dois habiter la région non!
Oh! Non! je suis de Vernou, vers Parthenay , c'est pas bien loin , mais moi le plus loin que j'ai été c'est Parthenay, alors forcément je suis un peu perdu. Au fait je m'appelle Landreau, Jean Louis Landreau, je travaille à la ferme avec mon père, et toi t'es pas d'ici avec ton accent du midi?
- Oui! Midi moins le quart, je suis d'origine Correzienne mais je travaillais dans la région à Champdeniers, tu dois connaître?

* Fils de garce, enfant de putain, tarde à crever.  

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 16:59

Le beau temps revenu, début mars, mon copain André reçu un lettre de son père qui travaillait à Tulle comme chef de chantier, il lui offrait un poste de traceur, chef d'équipe. André avait un peu le mal du pays, et malgré notre amitié de presque deux ans, il n'hésita pas longtemps, il avait mal digéré le mois de février. Je restais seul, mais pour rien au monde je serais revenu chez mes parents. Tout en continuant à travailler à "la Charentaise", je trouvais un complément de travail ( au noir) les samedis après midi et les dimanches à réparer une vielle maison pour mon blanchisseur du côté d'Aix sur Vienne.
Vers la mi avril, mon ancien chef de chantier parisien m'écrivit me disant qu'il pouvait me rembaucher sur Paris pour l'instant, mais qu'il avait autre chose d'interessant pour début Juin en déplacement.
Je ne réfléchis pas longtemps, j'écrivis à mon père qui vint chercher ma mobylette,mon poste radio et quelques affaires pour alléger ma valise.
J'arrêtais ma rêverie car la micheline ralentissait, on arrivait à Niort. La voiture était pleine maintenant quelques personnes étaient même debout dans le couloir. Après le hurlement des freins, j'entendis une voix nasillarde crier dans un hat parleur
- Niort! Niort! tout le monde descend, le train en provenance de Paris sera quai N°1 dans 50 minutes!
J'avais presque une heure d'attente, j'avançais vers le buffet, et m'offrit un café et un croissant. Depuis le matin à cinq heures mon petit déjeuner avait fondu.

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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 16:57
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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 16:54
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13 avril 2008 7 13 /04 /avril /2008 16:40
La porte d'enfer
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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 21:27

Nous restâmes chez lui jusqu'en mars 1955, date à laquelle il avait déménagé son entreprise et son domicile à Limoges en excluant du coup notre logement et nourriture. Il avait transformé notre paye en un salaire horaire "syndical"de petit compagnon alors que nous faisions un travail de maçon tous les jours. Ce genre de rémunération nous permettait difficilement de nous payer l'hotel et le restaurant.
La pension que nous avions trouvé, étais un relais des compagnons du tour de France, on y rencontrait d'autres ouvriers du batiment, avec lesquels on confrontait nos idées, on apprenait aussi des astuces, et des" ficelles" de la vie,de la part de compagnons plus agés et plus expérimentés que nous et aussi la manière de se défendre contre des patrons peu scrupuleux vis à vis des jeunes. Cela nous avait encouragés à demander une augmentation, a notre patron,  qui nous fut refusée. Notre démission le lendemain le mit dans une rage folle, mais ne céda pas et le solde de notre compte nous fut donné huit jours plus tard. Entre temps à l'Hotel un conducteur de travaux qui mangeait à l'hotel nous embaucha pour construire des maisons d'un nouveau concept, avec un salaire nettement supérieur et des avantages comme le panier repas de midi quand nous étions sur Limoges, et l'hotel restaurant quand nous construisions des maisons dans la région de Brive , Saint Junien ou la grande banlieue de Limoges.
Hélas l'entreprise partit sur Paris en cette fin d'année 1955, et nous changeâmes encore de patron. C'était une entreprise importante de Rochefort ( la bien nommée) sa raison sociale était  <<l'Entreprise Charentaise>>. Nous avions obtenu un bon salaire, mais encore une fois cela ne dura pas. Les galères recommencèrent lors du terrible hiver de Février 1956 où, du 1er février au 1er Mars la température oscilla entre moins 15 et moins 27 degrés . La deuxième quinzaine de ce mois fut dramatique pour nous , nous percevions des indemnités dites "d'intempéries" qui n'arrivaient plus à couvrir les frais de la pension à l'hotel, heureusement, la patronne qui nous avait à la bonne, nous fit crédit pendant cette fin février et alla même jusqu'à nous prêter quelques sous pour des cigarettes.

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12 avril 2008 6 12 /04 /avril /2008 18:29

Le train de jour et Nostalgie.

Depuis Airvault la Micheline venant de Thouars, roulait vers Niort cahotant quelque peu, a petite vitesse, elle s'arrêtait souvent, Airvault gare, Saint loup, Gourgé, La Peyrate. Je restais pratiquement seul jusqu'à Parthenay, si ce n'est un couple de gens un peu agés, dont l'homme avait un bras dans le plâtre et avant la ville quelques écoliers adolescents chahutèrent un peu au fond de la voiture. A Parthenay l'Autorail se remplit un peu en direction de Niort
En regardant défiler le paysage de la gâtine sans intérét pour moi, qui avait les idées ailleurs, je me mis à penser à ces trois années passées où j'avais mûri aussi bien physiquement que moralement.
C'est vrai qu'en Juillet 1954,  aprés  trois années au collège technique de Tulle, j'étais encore un peu "vert" comme on dit ( j'avais à peine dix sept ans ) et en quittant cet établissement le directeur m'avait félicité pour ma mention bien et me dit mi-sérieux.
- Allez Jean-Georges! au revoir, et tâche de te mettre un peu de plomb dans la tête. J'en avais besoin, car je m'aperçus rapidement qu'il n'était pas facile de se faire une "place au soleil" avec un CAP de maçon.
Avec mon copain André qui, comme moi voulait rouler un peu sa bosse, nous avions postulé à une offre d'emploi parue dans les annonces du"Populaire du Centre" un quotidien du Limousin. J'avais fait la lettre et nous avions reçu une réponse favorable. Notre futur patron, une petite entreprise de Linard en Haute Vienne, sans autre avis qu'une lettre de confirmation réciproque, nous accepta comme petits compagnons. Les conditions étaient les suivantes: travail six jours par semaine, neuf heures par jour, non compris le temps de trajet pour aller au chantier, nourris, logés sept jours sur sept et 700 anciens francs par jour* . Ma première paye eut du mal à me payer un pantalon propre et une chemise, autant dire une misère pour plus de soixante heures par semaine. Nous ne pensions en tous cas pas trouver mieux, notre seul souci était de continuer d'apprendre notre métier, car comme disait notre patron, qui n'était pas un tendre et aussi se servait de cet argument pour éviter que nous ayons à lui demander de l'augmentation.
- Je me demande bien ce qu'ils vous apprennent dans ces écoles d'apprentissage , dire qu'on cotise pour cela quel malheur! pauvre France! etc...

* 700 francs 1954= 7 nouveaux francs = environ 4 euros 60
soit en gros 120 euro par mois!!




 Cela aurait pu être cette micheline là, qui d'ailleurs est un autorail!
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