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1 octobre 2008 3 01 /10 /octobre /2008 22:12

 C'était: où tu vas? où tu habite? pourquoi faire? etc... En temps normal c'étaient quelques candidats au voyage qui désiraient aller à Orléansville, Miliana, voire Alger ou Oran. Les motifs étaient souvent les mêmes:
aller faire des achats importants, voir de la famille ou un malade . Mais vers la fin de l'été et au printemps beaucoup se déplaçaient pour aller travailler comme saisonniers  pour diverses récoltes, les vendanges, les pastèques, les melons, les fruits, oranges, citrons, mandarines etc... A ces moments là c'était souvent vingt personnes qui défilaient dans le bureau. Ce document obligatoire leur servait aussi auprès de leur futur employeur, pour les aider à le convaincre de leur bonne foi et leur sérieux.
La vie à Sainte Monique s'écoulait ainsi, le travail m'empêchait de trouver le temps long et l'année 1958 s'étirait tranquillement. L'automne et l'hiver dans cette région étaient d'une grande douceur. Certaines nuits étaient un peu fraîches quand le vent soufflait de l'Atlas, mais pas de gelées. La plupart du temps c'était des journées ensoleillées. De temps en temps quelques brumes , des nuages laiteux trés hauts dans le ciel permettaient toujours au soleil de diffuser une bonne lumière et une douceur permanente. Au plus creux de l'hiver en janvier et février il y avait quelques jours de pluie et quelques orages peu violents. Les précipitations se produisaient surtout au nord sur le moyen Atlas ainsi que sur le massif de l'Ouarsenis, où il tombait souvent de belles chutes de neige comme sur les hauts plateaux de Kabylie. Il est vrai aussi qu'en janvier 1960, peu avant ma libération il était tombé dix centimètres de neige sur toute la plaine de la Mitidja depuis Miliana jusqu'à Orléansville. Ce qui était exceptionnel, mais tombée dans la nuit à midi le lendemain tout avait fondu.

 

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 21:07

Et une demi heure plus tard, le cheval harnaché, sellé, parfaitement astiqué, attendait devant le portail du jardin. Sa badine sous le bras, le capitaine montait sur sa selle à l'aide de Boutarfa et partait seul dans la plaine généralement pour une heure.
C'est durant cette période qu'une série de faits auraient pu être graves pour la France. Ce sont les émeutes appelées les "événements " de mai et juin 1958 à Alger. Les informations sur ce sujet nous étaient distillées avec parcimonie, mais néanmoins dés le troisième jours on apprit que de violentes manifestations ainsi que des émeutes avaient eu lieu à Alger et dans d'autres grandes villes comme Oran, Constantine etc... Ces évènements avaient failli tourner à la guerre civile. Au bureau plusieurs notes confidentielles étaient arrivées dont une que j'eus le temps de parcourir en l'absence du capitaine qui était presque tous les jours au PC du régiment. Cette note émanait du commandement de la dixième région militaire et demandait en gros aux "unités" de se tenir prêtes pour "accompagner " nos généraux pour une reprise en main de l'armée en Algérie afin de liquider la rébellion, et les éléments subversifs sur tout le territoire Algérien.
La radio d'Alger qui était aux mains des insurgés avait annoncé que plus de cinq cent mille manifestants parcouraient les rues en scandant  "Algérie française"! Le journal l' "'Echo d'Alger " que Durand avait ramené disait à peu prés la même chose, mais de nombreux articles étaient censurés ce qui laissait plusieurs carrés blancs à chaque page.
Quelques jours après De Gaulle prenait le pouvoir à Paris, on disait qu'il allait venir à Alger et que la quatrième république avait vécu.

  
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Nous étions un peu inquiets, mais pas plus que ça. Après quelques jours d'indécision le capitaine réunit solennellement tout l'escadron  sous les couleurs pour nous lire un bref, mais trés clair  ordre du jour du colonel commandant le 5° régiment de Spahis algériens, qui prônait en substance notre attachement à la République, que les éléments responsables de ces évènements allaient rentrer dans le rang et que le Général De Gaulle etc.... etc...
Tout cela ne changea rien pour nous , et quelques jours plus tard De Gaulle avait été nommé président du conseil avec les pleins pouvoirs, ou presque, à partir du 1er Juin. Sa venue à Alger le 4 juin souleva l'enthousiasme général dans toutes les grandes villes . A Alger son " Je vous ai compris " et " vive l'Algérie Française " calma pour un temps les exaltés du 13 mai et la vie repris son cours au cantonnement  ainsi que dans toute l'Algérie . Comme chacun sait cet épisode se termina pour un temps en septembre 1958 par le référendum pour l'approbation par oui ou non de la constitution de la 5° République. Je venais d'avoir 21 ans et j'allais voter pour la première fois de ma vie de citoyen. Pour la petite histoire, c'est le bureau du capitaine qui servit de bureau de vote pour donner un peu de solennité à l'évènement. L'urne se trouvait être le képi du capitaine, sans isoloir avec seulement un paquet de bulletins "oui"  et pas de "non" ( une vraie pantalonnade)
Le scrutin avait lieu dans tout le pays, l'armée était chargée de transporter les "électeurs " depuis les douars éloignés, jusqu'à de vrais bureaux de vote aménagés pour la circonstance , dans les mairies, les écoles, les casernes et autres lieux publics super protégés par des unités blindées et l'infanterie.

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L'encadrement des votants était assuré par par des engagés ou appelés originaires d'Algérie, parlant arabe, il devaient expliquer aux électeurs ce qu'ils devaient faire, car pour la plupart c'était la première fois qu'il votaient . Une propagande infernale avait précédé le jour du scrutin avec force d'affiches , de tracts et prospectus demandant de voter oui, sans aucune opposition pouvant prôner le non. Je n'eus pas le plaisir de voir un bureau de vote, mais au dires de certains, les assesseurs étaient triés sur le volet, et au dépouillement, dans certaines urnes on trouva plus de bulletins "oui" que de votants inscrits sur les listes. De ce fait le oui fit pratiquement l'unanimité en Algérie, mais il vrai qu'en métropole les résultats étaient de quatre vingt pour cent de oui. Je n'avais, jusque là,été que peu attiré par la politique, mais après cela je fus définitivement convaincu de laisser faire la politique à ceux dont c'était le métier.
Dés le mois de septembre il m'échut un nouveau travail qui occupait mes matinées deux fois par semaines. Les civils n'avaient plus le droit de se déplacer en dehors du secteur de Dupérré, pour aller plus loin ils devaient venir chercher un laisser passer avec leur carte d'identité et leur livret de famille. Je fus chargé de m'occuper de cela. Le capitaine me remis une liste de suspects et Zouaoui me servait d'interprète. Je remplissait un document en double à la machine qui comportait tout le "pedigree" du demandeur, et aussi le lieu précis où il souhaitait aller. En période normale c'était vite fait, et puis je voyais du monde, j'apprenais quelques mots en arabe ce qui me permit, aprés plusieurs mois de me débrouiller seul, car c'était les mêmes questions qui revenaient.

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 20:33

Je lisais aussi pas mal, Camille de temps en temps m'envoyais un polar, et le journal, et puis mon prédécesseur Brana, m'avait laissé quelques San Antonio que je lisais et relisais plusieurs fois en rigolant . Je bouquinais tout ce qui me tombait sous la main , les copains savaient que j'aimais lire et sitôt qu'il y avait un livre, une revue ou une BD. qui traînait, on me la donnait ou on me la prêtait. Il y avait un autre avantage à ce cantonnement, c'est que tout l'escadron était au même endroit et de ce fait avec cent vingt spahis les tours de garde étaient plus espacés, cela se réduisait à deux heures par semaine que de temps en temps le M.D.L. Chef Zouaoui me faisait sauter. Mais l'espace se réduisait aussitôt que l'escadron partait en opération. Nous avions un poste de garde sous une guitoune installée pratiquement au milieu du quartier, qui ne servait qu'à cela, ce qui permettait de ne pas réveiller la chambrée de son peloton lors des relèves .
Le capitaine n'avait pas changé ses habitudes, sauf que Chauffier n'étant plus là, il s'adressait plutôt à moi qu'au major , si ce n'était pour des raisons confidentielles. Il me disait.
- Tiens Georges, tape moi ça, et corrige les fautes, ou fait attention c'est important il faut que ce soit propre, ou tu me recompteras ces factures , etc...
Quand je ne comprenais pas son écriture, je n'hésitais plus à aller le voir, il m'appelais souvent pour aussi pour me donner un travail urgent, soit pour me donner un paquet de documents à classer, et aussi exceptionnellement pour retirer se bottes quand Dumont n'était pas là.
Chaque matin il continuait de faire son tour à cheval, il appelait son ordonnance et lui disait.
Ah! Boutarfa! ( c'était son nom) Tu me selleras "Dupin" ou bien la jument alezane.  

 

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 21:27

Il devait avoir la cinquantaine proche car il me disait toujours .
- Encore deux ans, comme j'ai fait plus de vingt ans dans les T.O.M. je prends ma retraite à Beaucaire dans le Gard. Ce n'était pas un homme compliqué, depuis qu'il était dans l'armée il avait appris à ne rien faire. Du coup c'est moi qui m'occupais d'une partie du travail que faisait Chauffier, comme la comptabilité, rédiger le courrier, souvent voir le Capitaine pour des affaires courantes.
Je m'aperçus aussi, rapidement, qu'il fréquentait souvent le mess des sous-officiers quand celui-ci était ouvert, et que certains soirs il avait la langue pâteuse. Avec son accent du midi, quand il avait forcé sur le Pastis, il racontait des histoires sans queue ni tête et de plus en plus salaces. A part cela il me foutait une paix royale, voyant que tout se passait bien, il se laissait vivre.
Bref! avec lui je ne mis pas longtemps à trouver mes marques, ma hantise du journal de marche de l'escadron avait disparu, désormais une bonne journée me suffisait pour le taper, et après malgré mon surplus de travail j'avais quand même du temps de libre. Je discutais avec le camarade Dumont qui traînait toujours le matin dans les couloirs. Quand on recevait un colis ou que mon copain avec ses combines trouvait des oeufs ou autre chose, vers neuf heures du matin quand le capitaine était parti faire son tour de cheval, on se faisait de bons casse-croûte avec un coup de rouge et un bon café en se racontant des histoires du pays.

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 20:53

Malgré qu'en ces moments là je ferme avec soin les portes et fenêtres, il m'arrivait le matin de pouvoir tracer mon nom avec le doigt sur le bureau. Je passai ensuite plus d'une heure à balayer le sol, nettoyer les tiroirs et les dossiers, même la machine à écrire, soigneusement couverte en recevait sans compter les vêtements, les chaussures et les sacs de couchages etc.. Pendant ces périodes, le soleil un peu diffus ne dispensait qu'une clarté ocrée, donnant à l'environnement une impression de fin du monde. De plus l'air brûlant engendrait une chaleur suffocante qui, ajoutée à cette poussière ne permettait pas de mettre le nez dehors trop longtemps pour trouver des courants d'air.
Au P.H.R. quelques nouvelles recrues étaient arrivées, Jauvinien le nouveau chauffeur de la jeep du capitaine , Auger un chti qui conduisait un nouveau GMC. Dumont un corrézien qui s'occupait du mess des officiers, un aide cuisinier pour Mimile et plusieurs cavaliers dans les pelotons.
Dans le même temps le départ de Chauffier fut arrosé avec les moyens du bord et du coup je restais quelques jours le patron du bureau - j'étais seul-  un gars du P.C monta deux fois voir si tout allait bien. Je faisais ce que je pouvais mais il m'arriva quelques fois de ne pas me coucher de bonne heure. La semaine suivante le remplaçant de Chauffier arriva. C'était un Maréchal des logis major. C'était un vieil engagé qui avait couru les bases arrières de tous les conflits, comme gratte papier depuis 1940 jusqu'à l'Algérie en passant par l'Indochine, la Tunisie l'Afrique équatoriale etc...

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 20:15
voici le plan de l'endroit  j'ai passé plus de 20 mois de ma vie en 1958 et 1959
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14 septembre 2008 7 14 /09 /septembre /2008 22:07

Le vacarme que tout cela avait produit, plus la rafale de mitraillette , mis l'escadron en branle bas de combat, ce qui, après coup fit rire un peu tout le monde.
De l'autre côté de la clôture, en contre bas, s'étalait un immense champ d'orangers plantés en rangs très espacés, entre lesquels étaient semés des choux fleurs ou des pastèques selon la saison. Le tout était irrigué grâce à une réserve d'eau en solide béton banché d'environ trente mètres carrés sur un mètre cinquante de profondeur, alimenté par un forage et une pompe thermique. Grâce aux pétarades du moteur sans pot d'échappement on savait quand le réservoir était plein et il nous servait de piscine l'été quand nos chefs étaient en opération. L'hiver nous ne manquions pas d'oranges, je n'en ai jamais mangé d'aussi bonnes.
Le soir de notre arrivée nous pûmes nous installer sommairement sur notre paillasse propre et cela nous suffit pour passer une bonne nuit, car en dehors de la fatigue il faisait une telle chaleur que nous ne risquions pas de prendre froid.
Dans cet endroit de l'Algérie, c'est de la chaleur que j'eus le plus à souffrir. Entre fin Avril et début octobre il ne pleuvait pratiquement jamais et pendant les mois d'été la température diurne descendait rarement en dessous de 30° et les pics de 40 à 45° étaient fréquents durant cette période. Les pires moments étaient quand le sirocco soufflait pendant plusieurs jours . Ce vent saharien venu du sud était brûlant et chargé de sable trés fin qui rentrait partout.

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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 23:17
coucher de soleil aux Seychelles- côte sud de l'ile de Pralin-
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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 23:14
Coucher de soleil en Correze depuis la région de Seilhac
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13 septembre 2008 6 13 /09 /septembre /2008 23:10
Plage de Rio san Juan - Hotel Bahia Principe - Cote nord République dominicaine
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