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18 août 2008 1 18 /08 /août /2008 22:06

J'en fus sidéré, je pensais aux trente gars qui vivaient là jour et nuit, il me raconta.
- Pratiquement chaque mois ils subissent des attaques souvent sporadiques, mais le mois dernier ils ont tiré une grenade avec un "lance patate" elle est tombée à quelques mètres du mirador. Il n(y a eu aucun blessé, mais quand ça te tombe dessus à deux heures du matin, ça doit te réveiller, les gars se couchent toujours tout habillés ils sont toujours sous pression.
J'étais impressionné par l'aménagement de l'endroit qui ressemblait à un camp retranché, les bâtiments construits en forme de U assuraient pratiquement la protection de la cour de cette ancienne ferme construite sur un terrain légèrement en pente. Les quelques vides qui avaient été laissés, étaient comblés par des murs en grosse maçonnerie. L'entrée se fermait par une immense porte en bois, fabriquée avec de grosses planches et gondées sur deux gros poteaux ( qui avaient dûs être poteaux électriques) scellés dans le sol et les murs . A droite de la cour, sur la partie la plus élevée, un mirador avait été érigé sur une belle hauteur. Il était constitué d'une plate forme fermée sur les quatre côtés à hauteur d'homme, et couvert de plaque de tôle galvanisées. Deux projecteurs étaient installés aux deux angles extérieurs et quelques petites ouvertures, genre meurtrières horizontales, étaient pratiquées sur le côtés. Comme tout mirador, l'accès à la plate forme se faisait à l'échelle par une trappe dans le plancher. Pendant que je regardais tout cela un peu abasourdi et que les spahis déchargeaient les gamelles et les marmites de nourriture, Durand continuait de m'expliquer

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31 juillet 2008 4 31 /07 /juillet /2008 19:42

- Bien mon capitaine, ce sera fait! Garde à vous!
Moi je n'avais pas bougé, avant que la porte soit claquée, Brana s'était déjà rassis et souriait.
- Bon! Et bien on est trranquilles pour une heure.
Tous les matins c'était rituel, il entrait dans le bureau, ou bien il appelait Chauffier dans le sien, ensuite il sortait avec ses bottes et  sa badine sous le bras, devant le bureau son ordonnance l'attendait avec son cheval, qu'il montait aussitôt et partait faire sa promenade matinale, seul sur les chemins et pistes des coteaux qui s'étendaient loin devant le bureau. Je le trouvais un peu inconscient de se balader seul parmi les rares cultures, oliviers et bosquets, où il était facile de l'attendre et de lui faire son affaire. Enfin il rentrait généralement une bonne heure plus tard, et essayait de joindre ses chefs de peloton pour leur transmettre ses directives pour la journée.
L'escadron se composait de quatre pelotons ( l'équivalent de quatre compagnies d'infanterie) soit approximativement cent vingt hommes et une centaine de chevaux  sauf au peloton hors rang ( dit P H R ) qui lui était équipé de quelques véhicules , Gmc, jeeps, quatre quatre,commande-car, la trentaine d'hommes qui le composaient étaient les chauffeurs  des véhicules, le cuistot, les ordonnances des officiers, le radio, le vétérinaire, le bureau etc..;Il faut préciser aussi que cet escadron comptait dans ses rangs prés de 80% d'hommes d'origine algérienne, presque tous appelés ou plus précisément enrôles de gré ou de force. une trentaine de français " de souche " comme on disait  et un douzaine d'officiers et sous-officiers, dont plusieurs étaient des engagés volontaires qui avaient fait indochine.
 Le premier peloton était commandé par le lieutenant R... un corse pas tendre du tout, ce peloton était cantonné à deux kilomètres du village, dans une ancienne ferme transformée en bunker. Cet endroit était situé dans un talweg lieu de passage des rebelles. Aux dires de Durand qui m'y conduisit un jour, quand il leur apportait le repas de midi.

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 23:10















                            BERVILLE

                                        ( Ou le spahi sécrétaire)

Je fis rapidement connaissance avec le sois-disant  terrible capitaine, un homme pas trés grand mais sec et nerveux. Mon premier matin au bureau, je m'étais abstenu de fumer de peur de me faire surprendre par son entrée intempestive. Bien m'en prit car j'entendis juste Chauffier crier.
- Garde à vous!
en trois enjambées il fut devant le maréchal des logis et lui tendant une poignée de papiers dit sans nous regarder.
- Repos asseyez-vous!
Chauffier prenant la paperasse voyant qu'il repartait déjà lui dit.
- Mon capitaine! je voulais vous présenter notre nouvelle recrue, le spahi George, que voici, c'est lui qui doit remplacer le brigadier Brana qui est libérable dans quelques jours.
Il était déjà arrivé à la porte s'apprétant à sortir, il ne m'avait même pas regardé, et se tournant vers Chauffier il murmura .
- Ah oui! Oui! Très bien! qu'on oublie pas de le mettre sur la liste de garde rapidement.
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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 22:57

En règle générale, moins vous vous faite remarquer, plus vous passez inaperçu .. Ce qu'il faut aussi que vous sachiez, c'est que pour les autres vous êtes un planqué, alors on ne vous aimera pas quoique vous fassiez. Mais ne vous démoralisez pas, vous allez vous installer sur le petit bureau, vous allez faire un peu de classement, et surtout vous familiariser avec notre vieille machine à écrire, parce que il faut la connaître, c'est un vrai clou, mais elle est solide et elle marche bien.
En effet c'était une vieille "JAPY" sur laquelle il fallait taper comme un sourd, mais elle ne laissa jamais en panne durant tout mon service .
Ainsi commença ma nouvelle vie au 3° escadron du 5° régiment de spahis algériens, cantonné dans le village de Berville situé entre Bouira et Ain Bessem sur la route de Miliana.






                                                    oooOOooo

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 22:15

Après cet épisode je débarquai dans le bureau, comme je l'avais pensé la porte d'entrée se trouvait de l'autre côté. On y accédait par trois larges marches et un joli perron, assez grand équipé d'une balustrade en ciment à claire voie. Un large mais court couloir distribuait plusieurs pièces, la première porte à droite était celle du bureau. La pièce d'environ vingt mètres carrés, bien éclairée par une large baie, me parue spacieuse, et meublée sobrement. Tout d'abord un bureau banal vers la fenêtre où trônait le maréchal des logis Chauffier, de l'autre côté se trouvait Brana qui venait d'entrer avec moi, son bureau était plus modeste, mais comme il n'était pas encore assis, ce qui m'étonna c'est le fauteuil qui allait avec, alors que le sous officier était assis sur une chaise ordinaire. Hiérarchiquement ce fauteuil confortable revenait de droit au plus gradé, comme je le regardait étonné, Brana se mit à rire et annonça.
Ah oui! Ça mon gars c'est mon fauteuil, je l'ai acheté, c'est Durand qui me l'a trouvé et quand je partirai il est réservé au Maréchal des logis. J'ai des lombaires déplacées, alors ce fauteuil me permet de tenir le coup avec l'aspirine et le reste.
J'étais au milieu de la pièce, Brana ferma la porte, Chauffier s'était levé de son siège et marchant de long en large, me demanda d'où je venais, ce que je faisais dans le civil etc... etc...! et plus sérieusement me dit.
Spahi je vais vous expliquer rapidement comment cela fonctionne ici. La premières des choses c'est de faire son boulot et plus si nécessaire, la deuxième c'est le respect strict de la discipline, le capitaine est intraitable là-dessus, la tenus, la ponctualité l'humilité.

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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 22:08
Avril 1958 - c'est moi devant le bureau -
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30 juillet 2008 3 30 /07 /juillet /2008 21:13

- C'est quoi encore ce bordel! Il n'y a plus rien à bouffer, trop tard! Putain, presque deux heure, c'est pas un resto ici!
Durand me donna un coup de coude complice.
Allez Mimile! Fais pas chier, je viens d'amener trois bleusailles, on vient juste d'arriver t'as vraiment plus rien à manger! et moi j'ai faim aussi .
Brana arrivait avec les deux autres nouveaux et me voyant un peu interloqué, me dit en riant, mais assez fort pour l'autre l'entende.
- Notre Mimile, c'est pas le mauvais gars mais alors comme gueulard, il n'y a pas pire. Mais à part ça il te donnerait sa chemise, c'est un vrai parigot de la rue Mouffetard. Bon! Comme cuistôt il y a mieux, mais c'est nettement moins mauvais que les boites de rations dans le djebel.
Mimile avait bien entendu, et déjà il fouillait dans ses placards et ramenait une boite de sardine genre familiale, et la déposant sur le comptoir en rigolant.
- N'écoutez pas ce planqué, en plus il est quillard, il n'en a plus rien à cirer.
Il me regardait d'un air goguenard et se marrant à nouveau il demanda à Brana.
- Au fait c'est qui ton remplaçant? C'est le grand là? Ah! Ah! t'es pas dans la merde! Le pitaine il rigole pas tous les jours, Bon courage! Bon! Alors voilà des sardines, du pain un peu de beurre rance, du boeuf en daube en train de chauffer, de la vache qui rit et des oranges du pays s'il vous plait! Faites voir vos quarts, un petit coup de rouge "bromuré" et roulez jeunesse. 

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 22:03

J'allai suivre mon nouveau camarade, quand un sous-officier entra dans la chambrée et demanda.
- Le nouveau , il est où George? Ah! Ah! vous voilà spahi!
A moins de trois mètres de moi, un grand gars blond assez fort, me regardais d'un air satisfait ,avec ses lunettes de presbyte sur le nez, moi, au garde à vous, le salut rigide, je pensais que tout cela allait trop vite pour moi, et me trouvais bien embarrassè. Voyant mon désarroi tout sourire il m'annonça.
- Repos spahi! Je suis le Maréchal des Logis Chauffier, je suis le patron du bureau, et je suis heureux d'avoir du renfort, car il y a du boulot qui attend.
Je n'eus pas le temps de répondre, qu'un autre gars presque chauve, l'air sportif  entra dans la pièce en disant à la cantonade.
- Ah! Ah! Le voilà mon remplaçant, vingt au jus ce matin, moi c'est Brana! et toi c'est comment.
Il me tendait déjà la main, j'étais de plus en plus abasourdi, je lui donnai mon, mais déjà la tête ailleurs il dit à Chauffier.
- Merde j'oubliais, Maréchal des logis, Le capitaine vous demande, je crois que ça urge.
Durand se manifesta à nouveau.
- Je vais appeler les deux autres, on va aller voir s'il reste une bricole à bouffer, prends ta gamelle et ton quart.
Direction le fond de la cour, vers la cabane avec le comptoir. Là dans le fond du local, en train de récurer une énorme gamelle en aluminium, un énergumène, qui avait plutôt l'air d'un ours que d'un homme, nous entendant arriver, sans nous regarder, commença à nous engueuler .

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28 juillet 2008 1 28 /07 /juillet /2008 21:31

Je ne voyais pas de porte d'entrée, je pensais qu'elle devait se trouver sur l'autre façade. Sur toute la partie droite une série de bâtiments, construits et couverts avec des matériaux disparates, servaient à délimiter le cantonnement sur toute la longueur et en même temps à sécuriser le quartier de ce côté là. Ces bâtiments comportaient peu d'ouvertures, si ce n'est plusieurs portes en bois de différentes dimensions, sans nul doute ces locaux avaient servis à abriter des animaux. Au fond de la cour, face à l'entrée se trouvait un grand hangar , sorte d'appentis, fermé sur trois côtés d'un bardage en bois où étaient attachés une trentaines de chevaux. Toujours sur le fond à la gauche du hangar à chevaux, une cabane en bois rustique , avec un genre de grand comptoir, faisait penser à une baraque à frites.
J'avais mis pied à terre et je regardais, peu rassuré ce décor de western moderne, sauf que dans les collines alentours, ce n'étais pas des indiens , mais   souvent des fellagas tout aussi féroces.
Nous fumes conduits dans un des locaux de droite, qui nous fut indiqué comme étant notre chambrée. A l'intérieur, très sombre, une quinzaine de lits superposés étaient alignés contre le mur face à l'entrée, ce qui laissait sur l'autre mur une large allée où étaient installés des placards métalliques un peu déglingués et cabossés. Le brigadier me montra mon lit et Durand me dit.
- Moi je dors au dessus, tu te mets en dessous, tu ranges tes affaires dans le placard de droite et je vais te trouver un vieux cadenas le temps que tu en achète un neuf. On verra ça après, on va aller voir s'il reste un truc à manger à la tambouille .

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21 juillet 2008 1 21 /07 /juillet /2008 20:53

 Le massif du Djurdjura, sous la neige
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  • Je suis un retraité...veinard, j'aime la vie, les voyages au soleil, le Saint Emilion, la littérature (18 et 19°), mafemme Camille  je suis fan invétéré de San Antonio ( alias Frédéric Dard) j'aime aussi internet, les blogs, etc...
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