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29 avril 2008 2 29 /04 /avril /2008 22:47

Je m'en fus de ce pas chercher ma gourde que je remplis au robinet vers les cuisines et m'en abreuvais à plusieurs reprises, cela me requinqua un peu.
Le temps ne passait pas vite, il était à peine dix heures du soir sauf qu'il me sembla que le navire reprenait un peu de stabilité tout en augmentant sa vitesse. Le tangage était toujours aussi impressionnant mais le roulis avait nettement diminué.
Je descendis à mon transat, mangeais une orange que j'avais échangée contre mon quart de vin à midi, je pompais encore une bonne rasade d'eau et malgré mon ventre de plus en plus ballonné , je réussis à m'endormir vers minuit. Mon mal au ventre me réveilla, je crus que mon intestin allait éclater, je n'avais pas encore vomi et je pense que peu de passagers pouvaient en dire autant. L'odeur devenait insupportable , ce qui ne m'incita pas à aller voir si les toilettes étaient praticables. Je m'étais mis debout, ce qui paru calmer mon mal au ventre. Ma montre affichait cinq heures du matin, le bateau remuait presque plus, sauf encore un bon tangage qui continuait à le secouer de temps à autre. Malgré ce calme relatif nous ne fûmes autorisés à remonter sur le pont que vers six heures.
Je n'étais pas seul à remettre le nez dehors, toute la main courante du bastingage était occupée par des gars hirsutes accoudés , fumant une cigarette ou prenant l'air du large à pleins poumons pour chasser les miasmes de la cale. Je trouvais une place entre deux gars et essayais de sonder l'eau noire qui courait au long de la coque .

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 22:35

.../.. et nous obligeait par moments à nous boucher le nez, ce qui n'arrangeait pas mon envie de vomir que j'avais jusque là réussis à contenir.
Mon estomac retourné et mon envie d'aller aux toilettes m'empêchaient de dormir. Je n'avais pas mangé le soir, je n'avais dormi en tout et pour tout  que quelques heures en deux jours, et n'avait pus faire mes besoins depuis au moins soixante heures,   pas frais du tout. Je remontais traîner du côté des bouées voir si elles étaient toujours là, elles n'avaient pas bougé. Je rencontrais toujours quelques gars qui erraient dans les coursives. Ce n'était pas la cohue, si on considérait le nombre de conscrits su le bateau, mais la plupart marchaient ou étaient accoudés aux mains courantes en essayant de se retenir et finalement vomissait, le peu qui leur restait dans l'estomac, là où ils se-trouvaient, contribuant à empester un peu plus l'atmosphère, qui n'avait pas besoin de  cela.
Je rencontrais aussi à un moment, deux brancardiers avec des brassards d'un corps d'infirmier, transportant un gars totalement inanimé sous une couverture et le visage très pâle, un des deux infirmiers répétait.
- Laissez passez! Laisse passer! attention devant!
Je ne pus m'empêcher de demander.
- Ca n'as l'air d'aller, il n'est pas mort au moins?
- Non! Non! Complètement déshydrate seulement, il faut boire même si vous n'avez pas soif, cela doit faire une dizaine qu'on embarque à l'infirmerie.

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 21:58

.../.. mais en réalité, ils étaient beaucoup plus préoccupés par leur envie de vomir en essayant de cramponner aux mains courantes ou aux poteaux et à tout ce qui pouvait servir à rester debout. Personnellement , bien que n'ayant pas tellement le pied marin, je ne tenais pas trop mal et mon envie de vomir s'était un peu calmée, mais je crois que c'est surtout parce que j'avais l'esprit occupé par les bouées. Je repérais bien l'endroit où elles se trouvaient et redescendis sur ma chaise, un peu rassuré. Mais tout de même dans la matinée cela tourna à l'obsession et occupa mon esprit jusqu'à midi. Je remontais à plusieurs reprises voir si elles étaient toujours là. Je faillis en décrocher une pour l'emmener avec moi, mais je réfléchis qu'elle passais plus inaperçue à leur places , et qu'en cas de naufrage je sauterais vite fait dessus.
Le repas de midi fut égal aux autres et je réussis ensuite à faire une petite sieste, malgré mon envie qui me tenaillait le ventre. Finalement c'est cette envie qui me réveilla et aussi la tempête qui faisait rage au plus fort de sa puissance. Le navire, dans le creux des énormes vagues que l'on apercevait par les hublots de l'entrepont, ressemblait à une coquille de noix, ballotté de toutes parts , craquant bruyamment aux plus gros assauts des déferlantes. Une partie de l'écoutille avait cédé sous le poids des tonnes d'eau qui maintenant dévalaient les marches emportant vers le bas une partie du contenu des toilettes qui ruisselait dans toute la cage d'escalier. L'odeur nauséabonde, qui jusque là n'avait affecté que la partie haute du bateau, parvenait maintenant jusqu'à notre niveau, 

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 21:29

Le siège à la Turque débordait de partout d'excréments de toutes sortes, de vomissures mélangées à l'eau de mer où flottait des papiers divers et quelques chiffons ou mouchoirs maculés. Du coup l'envie me passa, je réussis à uriner pratiquement tout sur le palier en regardant en l'air. C'est à ce moment là qu'à travers les joints de l'écoutille, ce que j'avais pris pour une détonation n'était en fait que l'orage . Un éclair venait d'illuminer le haut de l'escalier suivit d'un nouveau coup de tonnerre.
Vers sept heures nous eûmes droit à un quart de café, qui n'avait de café que le nom, un bout de pain toujours rassis et une noix de beurre pas très frais. En attendant la tempête ne faiblissait pas. J'étais retourné m'allonger et observais ma musette qui se balançait toujours se rapprochant dangereusement du plafond, les transats inoccupés se balladaient d'un côté à l'autre dans un bruit de racloir et de chocs sur les poteaux et les parois de la cale. Mon voisin n'était pas plus rassuré que moi  et regardant ma mustte je l'entendis murmurer.
- Putain! Si ça continue on va renverser!
j'enfonçais encore un peu le clou en ajoutant.
- On va couler oui! je crois que notre dernière heure est arrivée, au fait tu as vu des bouées de sauvetage toi?
Sans attendre la réponse, je me levais et m'en allais traîner dans les coursives fermées de l'entrepont et les escaliers voir si j'en trouvais une de bouées. Je ne mis pas longtemps à en repérer deux vers le couloir menant aus cuisines, blanches et rouges, avec écrit en rond en grosses lettres " CNM. PRESIDENT DE CASALET ". Je passais tout prés sans les regarder, je croisais plusieurs gars hagards, qui me parurent faire la même chose que moi.

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 21:21

Sale temps sur le pont
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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 20:55

en gros c'était.
- Attention!Attention! Vous êtes priés d'évacuer les ponts et les coursives, une grosses tempête est annoncées au large des Baléares.
La grosses vague avait nettoyé la coursive ainsi que sol sur le palier et dernière volée de l'escalier. Les toilettes étaient remplies d'eau et toujours bouchées. Sur le liquide épais qui se balançait au gré du roulis et du tangage, flottait un amalgame peu ragoûtant et cette odeur pestilentielle qui s'en dégageait envahissait tout le secteur.
Je ne dormis pas beaucoup mais certainement deux ou trois heures, interrompues par de courts moments de lucidité et de rèves insensés. Je fus réveillé vers six heures du matin, me sembla t-il par une détonation, mais comme j'avais pensé vers minuit que nous allions couler et que j'étais toujours vivant je me dis qu'il pouvait rien m'arriver.
Une envie pressante me tareaudait le ventre et m'incita a remonter vers les toilettes , je montais rapidement jusqu'à l'entrepont, personne sur le palier. Je commençais à dégraffer ma ceinture et poussai la porte entr'ouverte. Le faible éclairage, dans ma précipitation ne m'avait pas encore permis de voir l'état des lieux, je m'étais un peu habitué à l'odeur et  je jetais un coup d'oeil plus précis pour voir comment je pouvais m'installer. Sidéré, je stoppais tous mes gestes, le coeur au bord des lèvres à la limite de l'hallucination. Je n'avais encore jamais rien vu de tel, pourtant Dieu sait si dans nos campagnes quand j'étais gamin et plus tard sur les chantiers, j'en avais vu des "poses culottes" en plein air ou dans des cabanes en planches au fond des jardins , mais ici cela dépassait tout que je pouvais imaginer.

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 15:47

../ et constatais que l'eau achevait de descendre les premières marches, entraînant avec elle une partie du contenu de la cuvette des toilettes , laissant s'écouler jusqu'en bas de la première volée de l'escalier un mélange innommable de vomissures et d'excréments de toutes sortes.
Je repartis vers le pont affronter les éléments pour respirer un grand coup en tâchant d'éviter une autre vague. Il n'y avait que quelques visiteurs, j'hésitais à avancer quand j'aperçus deux gars à tribord assis sur de gros rouleaux de cordage, à l'abri d'une énorme caisse de bois pleine de sable. Je les rejoignis et réussis à allumer une cigarette. La nuit était noire, le vent avait forcit, il ne pleuvait pas encore, mais malgré ce vent tournant à la tempête, on sentait la lourdeur de l'atmosphère perceptible et l'humidité à son comble poissait la peau. Les vagues de plus en plus grosses continuaient à déferler sur le pont , quand lors d'un gros roulis, j'eus l'impression que la mer entière passait par dessus le pont par bâbord, s'engouffrant avec fracas dans les coursives par les portes restées ouvertes. Je finissais de griller ma cigarette en discutant avec les deux gars, quand un éclair illumina la mer vers le Sud, et malgré le hurlement du vent dans les superstructures du navire, j'entendis nettement le tonnerre gronder et dis au autres.
- oh!Là!Là! Je ne reste pas là moi, je crois que ça va faire vilain tout à l'heure!
Je me remis debout pour regagner la cale quand un haut parleur se mit  grésiller. Je ne compris pas tout mais je perçus l'essentiel de l'avertissement.

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28 avril 2008 1 28 /04 /avril /2008 14:48

Je retrouvais enfin ma chaise longue qui avait glissé jusqu'à la coque du navire, bloquée pour l'instant par un dénivellement du plancher. Je m'allongeais au maximum pensant que cela irait mieux pour dormir. Je m'endormis effectivement , recru de fatigue, car depuis cinq heures et une journée pareille, tout cela commençais à me peser.
Sans doute un coup de tangage plus important que les autres me réveilla, il était plus de minuit, j'avais dormi plus de deux heures, je mangeais mon orange que j'avais gardée et bu un grand coup de flotte à ma gourde. Rallongé sur ma chaise je regardais ma musette, que je venais d'accrocher à un tuyau courant au plafond, qui oscillait comme une balançoire, se rapprochant, a chaque roulis, de plus en plus d'une poutrelle qui reposait sur une rangée de la trame des poteaux. Je continuais de regarder un moment, essayant toujours de me retenir de vomir, et pensant pouvoir me rendormir, n'y parvenant pas je décidais de remonter sur le pont. Je gravis les premières marches qui étaient de plus en plus souillées. Les toilettes du premier palier étaient libres, mais complètement bouchées et la cuvette pleine jusqu'à ras bord. Je réussis à uriner en me tenant un peu à distance de la porte grande ouverte en regardant au plafond, j'aurais bien fait la "grosse commission" mais c'était vraiment au dessus de mes moyens. J'attaquais la dernière volée de l'escalier, longeais la coursive de de plus en plus polluée et, me cramponnant à la main courante, je débouchais sur le pont au moment où un gros paquet de mer inonda le pont par bâbord, balayant avec force tout le pancher de la coursive jusqu'au palier . Le pantalon trempé jusqu'au genou je retournais en arrière craignant  une autre déferlante

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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 21:50
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27 avril 2008 7 27 /04 /avril /2008 21:49
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