.......Suite à mon acquiessement, il transmis mon nom à haute voix, afin qu'à côté les autres entendent bien, et me donnant un papier il me dit.
- Tu passes à côté et tu donnes ça au jeune homme en blouse blanche!
En fait il y en avait trois en blouse blanche, un jeune et deux plus agés. Un grand bureau encombré de papiers, et trois chaises occupaient le centre du local. Contre le mur du fond, un plan de travail carrelé, comportait un évier encastré avec un robinet, et sur la droite était posé un réchaud à gaz à deux bruleurs. Une grande casserole a demi pleine d'eau qui bouillait faisait cliqueter des seringues dans le fond. Un des hommes préparait les injections à gauche de l'évier et jetait les ampoules vides, qui se brisaient en rejoignant les autres dans un seau posé au sol devant la bouteille de butane.
Devant moi mon prédécésseur fut invité à s'asseoir à califourchon sur une des chaises, le jeune homme avait pris un paquet de coton d'une main et le flacon d'éther de l'autre et frottait vigoureusement l'omoplate du patient. Le troisieme homme, le plus agé, attendait déjà une énorme seringue à la main, et enfonçait sans ménagement et sans prévenir, l'aiguille dans le bas de l'épaule du patient, amenant aussitôt un rictus de souffrance sur son visage. Mon tour arrivait, j'adoptais la même position que celui qui venait de se relever en titubant, je n'aimais pas les piqûres et celle-ci me confirma que j'avais bien raison. Je reçus l'aiguille jusqu'à l'os, le liquide propulsé trop violement me paralysa à demi l'épaule droite en provoquant une vive douleur qui, il est vrai, s'atténua assez rapidement. L'espèce de tortionnaire avait à peine terminé qu'il annonçait déjà.
- Allez! Allez! Au suivant!