Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
L'entrée du camp ressemblait à l'entrée des casernes en métropole si ce n'est un petit mur de sac de sable disposés devant la guérite de la sentinelle. Un grand portail, surmonté d'un linteau en plein cintre reposant sur deux piliers de briques rouge, en interdisait l'entrée. Sur le linteau on pouvait lire " CAMP DU LIDO" et en dessous " Centre d'instruction de l'armée Blindée et Cavalerie" ( CIABC). Un drapeau tricolore, un peu délavé, flottait mollement en haut du cintre. Une guérite peinte en blanc et rouge avec sa sentinelle l'arme au pied, essayait de garder son sérieux en surveillant le va et vient de la rue poussiéreuse.
Les camions entrèrent au pas, un à un après le contrôle de chacun par un sous-officier et s'arrêtèrent sur une large voie en légère pente face à l'entrée, après deux cent mètres environ. Cette large voie goudronnée était bordée de pins maritimes formant par endroits un tunnel de verdure au bout duquel, quand je fus à terre, il me sembla voir la mer.
La façade du grand bâtiment que j'avais vu en arrivant se trouvait devant une immense place de la grandeur d'un terrain de football. Au fond un grand mat était planté en haut duquel ondulait une grande bannière bleu blanc rouge.
Nous étions tous à terre sur deux rangs à côté des véhicules rangés le long de la route, avec nos accompagnateurs respectifs , qui nous conduirent en rangs par deux, sur la grand place, où tout le monde se rangea face aux couleurs. Après quelques minutes , un gradé sorti de je sais où s'arrêta non loin de nous et nous annonça.
- Bonjour Messieurs, ce titre vous ne l'entendrez plus pendant toute la durée de votre service. Désormais pour tous ici vous aurez le titre de " Cavalier". Donc Cavaliers vous êtes au camp de Lido, le centre d'instruction de l'armée blindée et cavalerie . Par unités de vingt huit hommes vous serez instruits pendant deux mois par deux brigadiers instructeurs qui qui vous ont accompagnés depuis Alger.