Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Je peux te dire qu'ils n chôment pas , et puis on a un vieux sergent, qui ne rigole pas tous les jours, surtout quand il a forcé un peu trop sur le pastis.
On déjeuna vers une heure dans un petit restaurant, non loin de la pointe Pescade. Le couscous était génial, servi par un pied noir exubérant, et le vin rosé frais et fruité qui allait avec me donna un peu mal à la tête car il me parût un peu fort en degrés. Le reste de la journée nous eûmes le temps de parler du bon temps de nos fiancées respectives, de cette putain de guerre qui nous clouait ici de ce côté de la grande bleue en nous pourrissant la vie. Casimir me rassura aussi sur mon sort et qu'au pire je pouvais me retrouver dans le bled au PC d'un colonel ou d'en commandant. Lui n'avait pas l'air trop inquiet, il lui restait un an à tirer mais avec sa planque, il y aurait plus malheureux que lui.
Nous nous attardâmes un moment à la terrasse d'un café d'où on voyait la mer, en buvant une anisette , et ce fut le retour vers Beni-Messous où il me déposa vers six heures trente.
Je gardais pendant quelques temps un souvenir plus qu'agréable de cette journée. Mais paradoxalement je ne revis jamais Casimir, pas plus en Algérie qu'ailleurs. Camille m'écrira plus tard qu'il était rentré et parti travailler je ne sais où et qu'Henriette sa copine ne l'avait pas attendu et avait convolé en justes noces avec un gars de Thouars.