Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Nous roulâmes encore pendant environ une heure sur un espèce de plateau au relief monotone et le convoi amorça une descente en légère déclivité, s'accentuant avant l'arrivée à Bouira. Cette cité de peu d'importance, située à une centaine de kilomètres d'Alger marquait la partie Nord Ouest de la Kabylie, et dés l'entrée ont y sentait encore davantage la guerre que la bourgade précédente.
L'entrée de la ville était " chicanée " avec ses deux guérites et ses "chevaux de frises " mais encore plus sévèrement qu'à Palestro, un sous-officier contrôlait tout, l'ordre de mission en main, vérifiait les camions, posait des questions à notre chef de convoi, ici la confiance ne régnait pas, on voulait savoir qui entrait dans la ville.
Vers le centre ville la colonne tourna à droite contournant une grande place. De petits groupes de soldats, tous armés de carabines US, se baladaient en discutant d'un air blasé et fumant une cigarette. Certains se trouvaient à cotés de véhicules militaires garés en désordre ou, adossés aux arbres rabougris plantés ça et là, sur l'esplanade poussiéreuse. D'autres buvaient une canette de bière affalés sur des chaises bancales à la terrasse d'un café de l'autre côté de la place et quand le convoi passa non loin d'eux, certains poussèrent des cris d'accueil.
- Tiens! Tiens! Voilà la bleusaille! alors les petits gars on vient en vacances! Etc...
Après quelques centaines de mètres, sur une voie poussiéreuse et cahotante sans issue, nous nous arrêtâmes devant une caserne dont l'accès se faisait par un porche très large. Sur le linteau étaient fixés, un grand écusson et un drapeau tricolore, un peu comme au camp du Lido. Une sentinelle dans sa guérite, arme à la bretelle, surveillait l'entrée, que nos véhicules empruntèrent pour pénétrer dans une immense place cernée de bâtiments en dur.