Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
J'avais travaillé à Limoges, je connaissais bien cette ville, et lui habitait non loin de l'hotel où j'avais été pensionnaire en 1955 et début 1956 avenue G.Dumas. Nous fraternisâmes rapidement et il m'apprit quelques combines de fonctionnement du régiment avec ses escadrons et pelotons éparpillés dans la région d'Aumale, où chaque jour des gars du contingent risquaient leur vie, avec souvent des équipements archaïques , datant d'entre les deux guerres, avec, pour beaucoup d'entre eux des chevaux ( certes bien entretenus et bien soigné) comme "matériel". Pendant ce temps nos élus, à Paris, se déchiraient sur des problèmes mineurs, renversant un gouvernement tous les six mois, pendant que le président de la République se contentait d'inaugurer les "chrysanthèmes"
Je m'aperçus rapidement que mon nouveau copain, Albert, n'était pas loin de penser comme moi, et que mis à part quelques régiments d'élite, comme les paras, la légion ou les commandos qui enrôlaient pas mal de tête brûlées, dont faire la guerre était leur métier, Je n'ai pas rencontré beaucoup d'appelés disposés à aller se faire étriper pour une cause perdue d'avance. Comme disait Albert:
- C'est nous qui sommes chez eux, ils veulent nous virer, et ils y arriveront, ils y mettront le temps, mais je suis certain qu'ils gagneront la partie. Il ne faudrait pas que je parle trop fort car si un gradé m'entendait je pourrais avoir des ennuis.
On sentait bien qu'Albert, qui était ici depuis un an, ne se faisait plus d'illusion quant à l'issue de ce conflit, il continua