Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
- Bien mon capitaine, ce sera fait! Garde à vous!
Moi je n'avais pas bougé, avant que la porte soit claquée, Brana s'était déjà rassis et souriait.
- Bon! Et bien on est trranquilles pour une heure.
Tous les matins c'était rituel, il entrait dans le bureau, ou bien il appelait Chauffier dans le sien, ensuite il sortait avec ses bottes et sa badine sous le bras, devant le bureau son ordonnance l'attendait avec son cheval, qu'il montait aussitôt et partait faire sa promenade matinale, seul sur les chemins et pistes des coteaux qui s'étendaient loin devant le bureau. Je le trouvais un peu inconscient de se balader seul parmi les rares cultures, oliviers et bosquets, où il était facile de l'attendre et de lui faire son affaire. Enfin il rentrait généralement une bonne heure plus tard, et essayait de joindre ses chefs de peloton pour leur transmettre ses directives pour la journée.
L'escadron se composait de quatre pelotons ( l'équivalent de quatre compagnies d'infanterie) soit approximativement cent vingt hommes et une centaine de chevaux sauf au peloton hors rang ( dit P H R ) qui lui était équipé de quelques véhicules , Gmc, jeeps, quatre quatre,commande-car, la trentaine d'hommes qui le composaient étaient les chauffeurs des véhicules, le cuistot, les ordonnances des officiers, le radio, le vétérinaire, le bureau etc..;Il faut préciser aussi que cet escadron comptait dans ses rangs prés de 80% d'hommes d'origine algérienne, presque tous appelés ou plus précisément enrôles de gré ou de force. une trentaine de français " de souche " comme on disait et un douzaine d'officiers et sous-officiers, dont plusieurs étaient des engagés volontaires qui avaient fait indochine.
Le premier peloton était commandé par le lieutenant R... un corse pas tendre du tout, ce peloton était cantonné à deux kilomètres du village, dans une ancienne ferme transformée en bunker. Cet endroit était situé dans un talweg lieu de passage des rebelles. Aux dires de Durand qui m'y conduisit un jour, quand il leur apportait le repas de midi.