Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
- C'est certain que je voudrais pas être à leur place, mais généralement quand ils se font tirer dessus, c'est des petits groupes de jeunes cons qui savent très bien que s'ils insistent ils vont y laisser des plumes, alors ils tirent quelques coups et se débinent aux premières rafales du F.M.ça empêche surtout les gars de dormir. Pourtant le mois dernier le lieutenant R... décida de sortir en patrouille avec une escouade tous les soirs à la nuit tombée, autour du cantonnement. Bien évidemment il ne se passa rien la première semaine , mais la huitième nuit fut la bonne. Vers deux heure du matin, ils allaient rentrer quand, en embuscade, ils repérèrent cinq hommes qui progressaient, sans bruit, dans le talweg en direction du cantonnement, ils les laissèrent approcher tout en restant à distance. Quand enfin les rebelles commencèrent à tirer les hommes de garde leur répondirent violemment , et quand ils voulurent de replier ils tombèrent sur la patrouille bien armée qui les attendait. Les rebelles laissèrent deux morts et trois blesses sur le carreau. L'escouade du Lieutenant n'eut que quelques égratignures, mais depuis ce jour plus d'attaque.
Durand continua à me raconter en rentrant sur Bertville.
- C'était des pauvres types, sauf un petit chef, mais les quatre autres c'étaient des gars du coin qui avaient été enrôles dans une cellule de résistants. Ils vivaient tous dans des douars des alentours, ils avaient été recensés et étaient tous connus des services administratifs pour être des gars sans histoires. Deux d'entre eux travaillaient même chez un Pied Noir de Bertville, quand ce dernier apprit ça il en tomba à la renverse.