Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Je commençais tôt le matin, finissais tard le soir si nécessaire et ne prenais que quelques minutes pour manger à midi. Bien évidemment je faisais souvent des fautes de frappe, je devais généralement recommencer ma page, car sur une lettre en double exemplaire la correction était possible, mais pour le journal de bord dont trois exemplaires allait au PC, chaque correction se voyait. Tout cela avec une machine à écrire datant de la dernière guerre, dont le ruban sautait de temps en temps à autre et la frappe de certaines lettres provoquait un espacement au milieu d'un mot. Donc, ce ne fut pas facile, mais je ne lâchais pas le morceau et à partir du troisième mois je m'en sortais un peu plus facilement. Mais ce fut une véritable corvée pendant plusieurs mois. Le reste du temps je tapais quelques lettres ou documents chaque jour, je classais tout ce qu'il y avait à classer, préparait les permissions, mettais à jour les livrets militaires, je faisais aussi un peu de comptabilité sur les factures de l'ordinaire, du mess des officiers et sous-officiers, et les comptes du foyer etc...
Il arrivait comme je l'ai déjà dit, que l'escadron parte en opérations, pour la journée ou pour plusieurs jours, nous ne restions qu'une quinzaine au cantonnement avec le M;d.L. chef Zouaoui et Chauffier pour, comme on dit, garder la maison, monter la garde , garder les chevaux restants etc... C'était des périodes difficiles, pour les gars dans le djebel mais aussi pour nous. Nous étions assez inconcients des risques encourus. Un petit commandos de rebelles un peu culottés aurait pu nous trucider de jour comme de nuit. Mais contrairement à d'autres secteurs il n'y eu jamais la moindre attaque.