Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Il semblait que nous allions au-delà de Miliana, vers Duperré sur la route d'Orléansville, mais sans carte nous avions du mal à situer l'endroit.
Enfin le convoi au complet, soit près de deux cent véhicules s'ébranla en bon ordre vers neuf heures, pour parcourir environ 180 kilomètres vers l'ouest, soit une dizaine d'heures de route en comptant les arrêts, soit pour une panne, un pneu crevé, ou un cheval blessé. etc...
J'étais avec Durand le chauffeur, Chauffier , et Le MdL.chef Zouaoui sur le siège passager. Nous étions parfaitement installés avec nos affaires presque en queue du convoi. A un moment donné ce dernier, trés ralenti sur une route en travaux à flanc de colline me permit de voir son incroyable longueur qui serpentait au gré des sinuosités de la route , transformée en piste, à cause des travaux sur plusieurs kilomètres. Une poussière ocre stagnait à mi-pente sous un soleil de plomb sans le moindre souffle de vent. Le reste du voyage se passa sans incident notable, sauf qu'au cours de l'après midi la chaleur devint insuportable et que quelques hommes furent pris de malaise ou d'insolation sans gravité. Nous arrivâmes à Duperré vers six heures du soir. C'était une petite bourgade qui reflétait bien l'architecture coloniale de la région, avec ses maisons blanchâtres, pourvues de balcons et terrasses en bois mal entretenus . Nous venions de franchir ,depuis Miliana, une plaine fertile, plantée de céréales , de champs entiers de pastèques, de melons, ponctuée d'orangers et citronniers, Au nord de la route au loin, au pied des contreforts de l'Atlas on devinait d'importants carrés de vigne ainsi que la verdure particulière de champs d'oliviers. Une vois ferrée que nous venions de longer paraissait aussi, bien entretenue et fonctionnelle ,à l'entrée de la ville un panneau indiquait la gare.