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Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté

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Les mémoires d'un spahi ( suite page 127)

Le dortoir de notre peloton, le P.H.R. se trouva à s'installer dans le dernier local sur la droite de la cour. Il était muni d'une porte d'entrée côté cour, et d'une deuxième ouverture donnant sur l'arrière où s'étendait une grande partie du cantonnement. Des toilettes sommaires genre "feuillée" étaient installées sur l'arrière sous un vieil appentis, on améliora la douche et on installa devant " les gogues" une vielle bâche pour préserver un peu d'intimité. La douche a l'eau froide bien sûr fonctionnait souvent en été et un peu moins en hiver. Nous avions installé une deuxième " feuillée " vers la clôture, pas loin de la porte, qui étaient trés utile car en été les gastros et diarrhées étaient fréquentes, et il arrivait qu'il soit nécessaire de faire vite avant une sale catastrophe. 
Notre dortoir était trés sombre, seulement deux petites ouvertures placées haut sur le mur arrière éclairaient sommairement le local de jour. Les deux  lampes électriques qui pendouillaient en bout de fil, diffusaient de nuit une lumière blafarde diminuée au sol par les lits superposés. Toujours à l'arrière de notre chambrée , les toilettes et la douche s'écoulaient par gravité à ciel ouvert vers un champ en contrebas où commençait la grande plaine qui s'étirait jusqu'à l'oued Chélif.
Depuis le plateau arrière, qui était surélevé de trois mètres environ par rapport à cet espace que nous dominions on apercevait la rive droite de la rivière presque à sec en été et d'où commençaient les premiers contreforts du moyen Atlas, vers le nord, dessinant leurs crêtes arides. Du côté sud le massif de l'Ouarsenis s'élevait doucement au delà de la route d'Orléansville sur des coteaux tâchés de verdure jusqu'à mi pente.
Nos prédécesseurs avaient accroché sur la clôture en barbelés, des boites de conserves vides qui, sitôt qu'on les remuait, faisaient un vacarme épouvantable. Je me souviens d'un soir où un pauvre chien errant s'était accroché dedans, laissant l'homme de garde vert de peur qui avait lâché une rafale de mitraillette au jugé , sans toucher le chien qui avait réussi à se dégager en hurlant de peur et de douleur.
    

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