Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Le vacarme que tout cela avait produit, plus la rafale de mitraillette , mis l'escadron en branle bas de combat, ce qui, après coup fit rire un peu tout le monde.
De l'autre côté de la clôture, en contre bas, s'étalait un immense champ d'orangers plantés en rangs très espacés, entre lesquels étaient semés des choux fleurs ou des pastèques selon la saison. Le tout était irrigué grâce à une réserve d'eau en solide béton banché d'environ trente mètres carrés sur un mètre cinquante de profondeur, alimenté par un forage et une pompe thermique. Grâce aux pétarades du moteur sans pot d'échappement on savait quand le réservoir était plein et il nous servait de piscine l'été quand nos chefs étaient en opération. L'hiver nous ne manquions pas d'oranges, je n'en ai jamais mangé d'aussi bonnes.
Le soir de notre arrivée nous pûmes nous installer sommairement sur notre paillasse propre et cela nous suffit pour passer une bonne nuit, car en dehors de la fatigue il faisait une telle chaleur que nous ne risquions pas de prendre froid.
Dans cet endroit de l'Algérie, c'est de la chaleur que j'eus le plus à souffrir. Entre fin Avril et début octobre il ne pleuvait pratiquement jamais et pendant les mois d'été la température diurne descendait rarement en dessous de 30° et les pics de 40 à 45° étaient fréquents durant cette période. Les pires moments étaient quand le sirocco soufflait pendant plusieurs jours . Ce vent saharien venu du sud était brûlant et chargé de sable trés fin qui rentrait partout.