Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Il devait avoir la cinquantaine proche car il me disait toujours .
- Encore deux ans, comme j'ai fait plus de vingt ans dans les T.O.M. je prends ma retraite à Beaucaire dans le Gard. Ce n'était pas un homme compliqué, depuis qu'il était dans l'armée il avait appris à ne rien faire. Du coup c'est moi qui m'occupais d'une partie du travail que faisait Chauffier, comme la comptabilité, rédiger le courrier, souvent voir le Capitaine pour des affaires courantes.
Je m'aperçus aussi, rapidement, qu'il fréquentait souvent le mess des sous-officiers quand celui-ci était ouvert, et que certains soirs il avait la langue pâteuse. Avec son accent du midi, quand il avait forcé sur le Pastis, il racontait des histoires sans queue ni tête et de plus en plus salaces. A part cela il me foutait une paix royale, voyant que tout se passait bien, il se laissait vivre.
Bref! avec lui je ne mis pas longtemps à trouver mes marques, ma hantise du journal de marche de l'escadron avait disparu, désormais une bonne journée me suffisait pour le taper, et après malgré mon surplus de travail j'avais quand même du temps de libre. Je discutais avec le camarade Dumont qui traînait toujours le matin dans les couloirs. Quand on recevait un colis ou que mon copain avec ses combines trouvait des oeufs ou autre chose, vers neuf heures du matin quand le capitaine était parti faire son tour de cheval, on se faisait de bons casse-croûte avec un coup de rouge et un bon café en se racontant des histoires du pays.