Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Le vin en bouteille était fameux, bien qu'un peu fort, aussi l'après midi je me tapais une belle sieste de deux heures. Quand l'escadron rentra ce fut la fête pour tous les non musulmans.
Quelques jours plus tard je dus suivre l'escadron pour patrouiller en bord de mer du côté de Tenès, avec un demi peloton. Je dormis sur place dans ma tente sur le sable, ma nuit amputée de deux heures de garde. Je rentrais à la base arrière le lendemain soir avec un détachement. L'escadron devait rentrer le lendemain à cheval. Deux camions aménagés en bétaillère étaient arrivés. Je compris que nous n'allions pas tarder à rentrer,. Les chauffeurs avaient déjà goûté au vin, ils racontaient des histoires autour d"un feu avec quelques spahis qui étaient restés sur place. Ce sont eux qui nous dirent que l'escadron regagnait Sainte Monique demain et que d'autres camions seraient là à l'aube. En fait il arriva une vingtaine de camions d'un régiment du train, le lendemain matin.
Quand les chauffeurs apprirent que deux cuves de vin se trouvaient sous nos pieds, ils devinrent complètement "fadas". Durand avait réussi à mettre une pompe en route et avait déjà rempli notre citerne qui nous avait suivi pleine d'eau, surtout pour les chevaux , car nous n'étions pas certains qu'il y eut de l'eau sur place. Toujours est-il que les chauffeurs avaient sorti quarts et bidons, et s'en étaient enfilé quelques rasades en guise de petit déjeuner. Tous les récipients qu'ils purent trouver furent remplis de vin. C'était une véritable ruée vers " le vin" . Certains conducteurs allaient jusqu'à vider des jerricans d'essence pour les remplir du précieux breuvage.