Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
- Déjà rentré Georges! tu t'es bien reposé au moins!
Figé au garde à vous , dans ma tenue froissée et pas très propre , mal à l'aise, je lui répondis << tout va très bien merci!>> sans autre commentaires.
Je saluais le major et le camarade Guiraud, contents que je rentre, je classais ma permission et tout alla pour le mieux.
Le mois d'octobre commençais à être bien entamé , et je me prenais souvent à songer à "la quille" Je fêtais le "père cent" un jour où nous avions trouvé une bouteille de " tord boyaux" ce qui était rare de trouver de l'alcool, et avec deux autres libérables dans 100 jours, et on arrosa ça.
Vers le vingt cinq octobre je fus pris de violentes coliques néphrétiques , m'obligeant à rester plié en deux pour atténuer la douleur. Je fus transporté d'urgence à l'infirmerie du PC à Dupérré. Le lendemain le diagnostic du médecin, un sous-lieutenant (E.O.R.)fut sans appel.
- Tu t'es ramassé une jaunisse carabinée mon gars, mais on va s'occuper de toi. Je pourrais t'envoyer de suite à l'hôpital " Maillot " à Alger, mais avant je vais faire un saut aux Attafs cet après midi et je vais essayer de t'obtenir une place à l'hôpital Ste Elisabeth. A Maillot en ce moment c'est le gros bordel, ils n'ont pas le temps de s'occuper de ce genre de maladie, et surtout d'accompagner le traitement de nourriture adéquate.
Je continuais à souffrir de plus en plus , non seulement des reins mais aussi en urinant, et à la vue de la couleur de mon urine je crus bien que ma dernière heure était arrivée.