Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Le lendemain matin le médecin me dit sans ménagement.
- Il faut que tu tiennes encore deux jours , et tu auras une place chez les bonnes soeurs à Saint Cyprien. Ici tu ne risque rien, j'ai ramené un début de traitement de l'hôpital, on va te soulager la douleur, tu seras à la diète, bouillon de légumes et légumes cuits à l'eau et des tisanes. Ça passera vite deux jours.
Ce furent les deux jours les plus longs de tout mon séjour en Algérie.
J'arrivai à l'hôpital Sainte Elisabeth, à Saint Cyprien des Attafs le 28 octobre 1959, en fin d'après-midi comme dans un mauvais rève. Je souffrais horriblement , le transport en ambulance avait réveillé le mal et les chaos sur les routes en mauvais état, ne faisaient qu'accentuer la souffrance. Enfin je m'endormis dans un bon lit propre après avoir recu deux piqures dont un puissant sédatif.
Je refis surface le lendemain matin. Je sus que c'était le matin, car tout d'abord il faisait grand jour et un genre de carillon fixé au mur du fond marquait dix heures trente. Assis sur mon lit un homme en blouse blanche , avec une énorme seringue dont l'aiguille était plantée au creux de mon bras droit me dit.
- Ne bouge pas surtout on en a pour vingt minutes, comment tu te sent ce matin? Tu as dormi au moins dix huit heures., je t'ai planté l'aiguille dans la veine ça ne t'as même pas réveillé.
J'étais encore à moitié endormi, mais malgré que je ressente encore une douleur aux reins il me sembla que c'était un peu plus diffus, et les pointes d'élancement moins denses.