Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
- C'est ici que l'on s'arrête, on est arrivés.
Une maison d'habitation vétuste trônait vers la gauche sur un vaste plateau aménagé sur un terrain en légère déclivité. La bâtisse paraissait malgré tout en assez bon état. De l'autre côté les constructions agricoles qui avaient été sommairement réparées abritaient les chevaux et autres dépendances. Sur certains de ces bâtiments subsistaient des traces de fumées consécutives à un incendie assez ancien. Un peu plus loin des écuries en meilleur état abritaient les hommes de troupe le mess des sous-officiers et la cuisine.
La maison était immense, elle comportait quatre grandes pièces par niveaux sur deux étages et un comble non aménagé qui avait dû servir de grenier. Une des pièces du rez de chaussée servait de bureau, le capitaine avait établi le sien dans la pièce d'à côté. Dans le bureau les meubles avaient été installés là, dans un ordre différent qu'à Sainte Monique, ce qui me fit tout drôle. Ma vieille machine à écrire " Japy" avait atterri au sol à côté du placard, et une " Olivetti" plus récente la remplaçait sur le bureau de Guiraud. Le major Helmer et l'ami Guiraud avaient hérité d'un petit bleu bite que je ne connaissais pas.
J'étais heureux de retrouver mes camarades mais sans plus, sauf l'ami guiraud qui avait été nommé brigadier et devait remplacer le major muté ailleurs fin janvier. Après les " comment ça va et toi ça va etc... "le major me dit.
- Allez! arrange toi un peu, je vais te présenter au capitaine.
Mon garde à vous, talons claqué sembla le réveiller et relevant la tête en arborant un sourire façon " Jean Gabin" me dit en me toisant.