Un cadre sup vaut deux smicards
On se souvient que Nicolas Stern, ancien chef économiste de la Banque mondiale, avait évalué les effets du réchauffement climatique, si on ne faisait rien, à 5500 milliards de dollars. Ce qui ne signifie rien, mais ce qui a eu le mérite de faire peur aux hommes d’argent, les hommes politiques et les banquiers. D’une certaine manière, Stern les frappait enfin au portefeuille. Dans ce monde mercantile qui est le nôtre, tout a une valeur.
La vie humaine aussi. C’est ce qui est le plus simple à calculer. C’est l’économiste et démographe Alfred Sauvy qui a initié ce genre de calcul. Vous faites le total de ce qu’un individu est susceptible de gagner au long de sa vie, vous le pondérez par le taux d’intérêt, vous l’actualisez disent les financiers, et vous avez le coût de la vie humaine. Un individu qui gagne le smic toute sa vie vaut deux fois moins que celui qui gagne deux fois le smic toute sa vie.
Dans ce cas pourquoi mettre la même énergie à sauver sur la route un smicard qu’un milliardaire ? Parce que c’est tout le paradoxe de l’espèce humaine. Elle fixe un prix à tout, y compris aux blessures et à la mort, mais elle sait bien que la vie n’a pas de prix. L’économie, je le crains, ne relève pas de l’humanisme.
La phrase : « L’eau qui est utile n’a pas de valeur, et les diamants qui sont inutiles en ont beaucoup », Adam Smith – approximativement.