Le président de la République ne s'en est jamais caché: en plus de venir au secours d'un secteur industriel moribond, les Etats généraux qu'il a lancés en octobre visaient à favoriser la constitution de grands groupes multimédias. Les recommandations rendues jeudi le désavouent sur ce point, puisqu'aucune mention n'est faite de la levée des verrous anticoncentration qu'il souhaite.
Le 2 octobre, en lançant cette consultation, le Président expliquait:
"Il n'y a [...] pas de fatalité à la faiblesse de la présence française parmi les groupes multimédias mondiaux, pour peu de permettre d’abord à des groupes français de se constituer en France."
Par là, Nicolas Sarkozy entend qu'il faut par exemple autoriser Lagardère (Paris Match, le JDD...) à posséder une grande télévision, ou Bouygues (TF1, LCI...), un grand quotidien. Choses qui sont impossibles aujourd'hui et qui, dans l'esprit du chef de l'exécutif, handicapent les "nains" français dans la lutte qu'ils mènent contre les "géants" étrangers comme Bertelsmann ou Murdoch.
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Dans les recommandations présentées jeudi à la ministre de la Culture Christine Albanel, le sous-pôle "Concentration" s'est inscrit en totale opposition avec la volonté présidentielle. "Contrairement à une idée répandue", le dispositif anticoncentration ne constitue pas "un obstacle à la constitution de grands groupes multimédias", écrivent dans leur synthèse ses rapporteurs, qui ajoutent:
"Un consensus s’est dégagé pour considérer que la crise de l’offre
que connaît la presse française ne se résoudra pas uniquement par la concentration et la constitution de groupes de presse puissants, mais aussi par divers autres leviers (plus grande attention portée aux attentes et aux nouveaux comportements du lecteur/client; attractivité et qualité des contenus; conditions de distribution, etc.)."