Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Autre chose, que notre culture latine avait du mal à accepter, c'était non pas leur religion, mais les moeurs ancestrales qui en découlaient . D'abord le rapport des hommes avec les femmes , la difficile acceptation par les hommes de la monogamie,n'était que le dessus du panier des rites ancestraux. Dans l'armée française on craignait aussi beaucoup la férocité de certains combattants qui prenaient un plaisir sadique à égorger, étriper ou emasculer les malheureux tués ou blessés qui, lors de combats tombaient entre leurs mains. Il commençaient aussi à perpétrer des attentats aveugles , tuant ou blessant des femmes et d'enfants, balançant des grenades dans les bars et café où bon nombre de leur coreligionnaires jouaient aux dominos en buvant du thé à la menthe.
J'avais compris que pour toutes ces raisons , nous n'avions plus rien à faire ici, et ce n'était pas encore un nouvel envoyé du gouvernement Gaulliste, nommé Lagaillarde qui venait d'être envoyé à Alger, qui allait changer les choses.
Mes dernières semaines sous les drapeaux se passaient tranquilles, J'avais fait connaissance de mon remplaçant , qui n'était pas plus doué que moi quand j'étais arrivé à l'escadron, il tapait sans fautes mais pour le reste il n'avait pas inventé la poudre. Je lui aidais à taper le "journal de marche " et lui expliquais quelques "ficelles " pour éviter les engueulades. Je passai pas mal de temps à lire, à discuter avec Dumont le cuistôt des officiers. Avec Guiraud on discutait aussi mais plutôt sur la façon de refaire le monde , on parlait de nos projets etc...
J'obtins une permission le dernier dimanche pour aller rendre visite à l'hôpital. Ce dimanche matin il était tombé une belle couche de neige. Jauvinien me descendit à Dupérré .