La guerre du roquefort aura bien lieu ! Pas question pour les Français de laisser les Etats-unis boycotter le fameux fromage de brebis sous prétexte que l'Europe ne veut pas du boeuf aux hormones américain. José Bové, l'ex-leader de la Confédération paysanne estime que cette décision est "scandaleuse" et se dit prêt, dans une interview au Parisien.fr et à Aujourd'hui-en-France.fr, à envoyer du roquefort au président américain Barack Obama.
Il y a dix ans, José Bové s'était déjà mobilisé pour soutenir le refus de l'UE d'importer de la viande aux hormoes.
Dans l'Aveyron, berceau du roquefort, la contre-attaque s'organise. Les mesures de retorsion françaises se préparent d'ores et déjà. Guy Durand, maire PS de Millau a estimé que "ça va bouger" après la décision de Washington de tripler les droits de douane sur les importations. Avec une taxe de 300%, à partir du 23 mars, le premier fromage français à avoir bénéficié d'un décret d'appelation, atteindrait des prix astronomiques dans l'assiette du consommateur américain.
"Je vais prendre contact avec les industriels du roquefort, organiser une réunion de crise et essayer ensemble de réagir", a déclaré M. Durand. "C'est évident que localement ça va bouger, sous une forme ou une autre", a-t-il dit.
"La situation était déjà tendue pour les producteurs avec les baisses du prix du lait et les perspectives économiques. Cette mesure arrive à un très mauvais moment", a regretté M. Durand. "Le roquefort est vital pour tout le Sud-Aveyron, les communes de Millau et Saint-Affrique compris", a-t-il souligné.
Les producteurs de roquefort n'exportent que 2% de leur production vers les Etats-Unis. Ce marché s'est fermé dès 1999 avec une première hausse des droits de douane. "Les exportations vers les Etats-Unis ne représentent plus que 400 tonnes alors qu'il y a une dizaine d'années les ventes outre-Atlantique représentaient le double", souligne Thierry Zurcher, président de la confédération des producteurs

