Gino, Folco, Zozo et moi-même, logions en pension complète, à l'hotel restaurant des sports , notre patron chaque fin de mois payait les factures, ce qui me permettait de mettre une bonne partie de ma paye à la caisse d'épargne, et pour les autres d'envoyer de l'argent à leur famille.
Nous étions parfaitement logés et nourris, la patronne , madame Mainard, la cinquantaine, grande, solide, toujours coiffée d'un chignon grisonnant qui lui donnait un air sévère qu'elle ne méritait pas. C'était plutôt une vraie mère poule , toujours aux petits soins. Cette femme s'occupait de nous comme si nous avions été ses enfants. Si l'un de nous mangeait pas ou s'il restait du fricot dans le plat elle disait.
- C'est pas bon ma cuisine? Et alors Jean vous n'êtes pas malade au moins! Allez Gino finissez ça! Et toi Zozo tu as besoin de grossir un peu, faut manger!
Avant de repartir ou le soir elle s'inquietait à nouveau.
- Demain qu'est ce qui vous ferait plaisir à manger?
Tout cela toujours propre , soigné, nos chambres parfaitement faites tous les jours, bref! L'idéal pour nous qui, l'un comme l'autre sortions à peine de notre misère.
Nous avions embauché je l'ai déjà dit, trois personnes, un maçon André qui venait travailler en voiture , une Dauphine toute neuve, une des petites voitures dernier cri de l'époque