Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Nous restâmes chez lui jusqu'en mars 1955, date à laquelle il avait déménagé son entreprise et son domicile à Limoges en excluant du coup notre logement et nourriture. Il avait transformé notre paye en un salaire horaire "syndical"de petit compagnon alors que nous faisions un travail de maçon tous les jours. Ce genre de rémunération nous permettait difficilement de nous payer l'hotel et le restaurant.
La pension que nous avions trouvé, étais un relais des compagnons du tour de France, on y rencontrait d'autres ouvriers du batiment, avec lesquels on confrontait nos idées, on apprenait aussi des astuces, et des" ficelles" de la vie,de la part de compagnons plus agés et plus expérimentés que nous et aussi la manière de se défendre contre des patrons peu scrupuleux vis à vis des jeunes. Cela nous avait encouragés à demander une augmentation, a notre patron, qui nous fut refusée. Notre démission le lendemain le mit dans une rage folle, mais ne céda pas et le solde de notre compte nous fut donné huit jours plus tard. Entre temps à l'Hotel un conducteur de travaux qui mangeait à l'hotel nous embaucha pour construire des maisons d'un nouveau concept, avec un salaire nettement supérieur et des avantages comme le panier repas de midi quand nous étions sur Limoges, et l'hotel restaurant quand nous construisions des maisons dans la région de Brive , Saint Junien ou la grande banlieue de Limoges.
Hélas l'entreprise partit sur Paris en cette fin d'année 1955, et nous changeâmes encore de patron. C'était une entreprise importante de Rochefort ( la bien nommée) sa raison sociale était <<l'Entreprise Charentaise>>. Nous avions obtenu un bon salaire, mais encore une fois cela ne dura pas. Les galères recommencèrent lors du terrible hiver de Février 1956 où, du 1er février au 1er Mars la température oscilla entre moins 15 et moins 27 degrés . La deuxième quinzaine de ce mois fut dramatique pour nous , nous percevions des indemnités dites "d'intempéries" qui n'arrivaient plus à couvrir les frais de la pension à l'hotel, heureusement, la patronne qui nous avait à la bonne, nous fit crédit pendant cette fin février et alla même jusqu'à nous prêter quelques sous pour des cigarettes.