Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Cela faisait près d'une semaine que nous tournions en rond, dans une caserne qui ne serait pas la nôtre, il me tardait de savoir à quelle sauce j'allais être mangé au 3° escadron.
Le chauffeur du véhicule, un rouquin balèze, l'air roublard et dégourdi nous aida à charger et vint se garer prés de la sortie, attendant les autres. A coté de lui un, brigadier était assis et attendait aussi que ça se passe en feuilletant une revue. La pluie avait cessé et la douceur de l'air s'intensifiait, faisant fondre la neige à vue d'oeil. Le petit camion était découvert è l'arrière et Durand le chauffeur nous conseilla.
- Mettez vous à l'abri au fond et couvrez vous, car s'il ne fait pas froid en bas, ici, ça se sent qu'on est à plus de mille mètres d'altitude.
Un GMC, puis deux autres quatre quatre avec le reste de la chambrée se rangèrent derrière nous, ensuite un EBR passa devant nous pour nous " ouvrir la route ".
Le convoi s'ébranla enfin sur la route de Bouira, celle par laquelle nous étions arrivés, la neige fondante créait de nombreuses flaques d'eau, sur les inégalités du revêtement et des nombreux "nids de poule" , d'où l'eau giclait au passage des véhicules, mais au moins la route était praticable. Sur les accotements il restait encore de la neige , mais le paysage, les arbres et les bosquets se distinguaient plus nettement qu'à l'aller. La descente vers Bouira s'effectua sans encombres, la neige disparaissait au fur et à mesure que nous descendions, pour ne plus exister à la mi-pente, faisant ressortir , d'une façon plus contrastée, le massif enneigé du Djurdjura, qui s'étendait vers l'est sur notre droite.