Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Non loin de Bouira dans la vallée, la température avait drôlement changé, il régnait ici une douceur presque printanière, laissant éclater les premiers bourgeons, enjolivant ce paysage de verdure , de fleurs d'arbres fruitiers et de mimosas, dans les jardins des premières habitations.
Après un bref arrêt dans une caserne de transit, une escorte, composée d'un command car avec quatre hommes armés et une jeep avec un adjudant et un chauffeur, nous attendaient. Les autres aussi, leurs escortes prenaient en charges les destinataires d'autres unités du secteur. Notre petit groupe prit rapidement la route de Miliana et, le village de Berville, lieu de notre destination, qui fut atteint rapidement. Le convoi quitta la route nationale et, après avoir viré à droite sur une large allée empierrée et en impasse je franchis mon nouveau cantonnement du 3° escadron. C'était une ferme abandonnée, sûrement par une famille de "pieds noirs" qui avait eu la sagesse de regagner la métropole , volontairement, avant d'y être contrainte. L'allée entre deux haies de troènes et de lauriers roses, était plantée de plusieurs Catalpas ( arbres à ramures étalées et larges feuilles" qui jalonnaient et recouvraient partiellement le chemin. Comme toutes les casernes ici, l'entrée de la ferme était équipée d'un système de "chevaux de frises" amovibles, hérissées de fil de fer barbelés, ouvert de jour mais fermé la nuit, qui donnait à l'ensemble un léger sentiment de sécurité. On entrait dans une cour assez étendue, cernée par un ensemble de bâtiments mal entretenus. A gauche une maison d'habitation, avec un toit en terrasse surmontant des murs en dur sur lesquels, le ravalement blanc cassé , s'écaillait de toutes parts.et de fortes grilles de défense un peu rouillées bardaient plusieurs ouvertures.