Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Après un hall d'entrée formant un sas , nous entrâmes dans une grande pièce à vivre , servant de salon et de salle à manger. L'éclairage naturel y était diffus, avec plus de netteté devant la grande baie où était dressée une grande table ovale qui me fit penser à une table de grand restaurant. Sa nappe écrue, discrètement fleurie , sa vaisselle en porcelaine, couverts en argent et verre fins donnait un bel air de fête. A part ces marques de bourgeoisie, le reste du décor n'était pas ostentatoire, mais plutôt d'une rusticité classique. Les meubles de style espagnol, ainsi que certains objets faisaient tout de suite penser à l'origine Ibérique de ces gens.. Pour moi qui vivait depuis plus d'un an dans des camps de toute sortes, sans aucun décor ni confort, je me sentis gêné à plusieurs reprise et dû m'excuser plusieurs fois de ma gaucherie au cours du repas.
Outre nos deux hôtes et leurs fils Jacques, il nous fut présenté une grande jeune fille en jupe bleue marine et un chemisier blanc brodé, pas très belle mais grande et élancée et trés souriante. Un pendentif en or auquel était accrochée une figurine religieuse, genre camée ornait sa poitrine . Elle me parut très réservée , discrète et bien élevée, Madame Honorée en la désignant nous la présenta avec un plaisir non dissimulé.
- Voici Elisabeth, notre fille, qui fait ses études à Alger dans un collège de jeunes filles elle doit passer son baccalauréat en juin prochain.
Monsieur Honoré se tourna vers une autre dame, plus agée, qui sortait , me sembla t-il, de la cuisine , en s'essuyant les mains sur un torchon, le maître de maison continua les présentations, avec un sourire affectueux
- Ah! Voici Antonia, la mère de ma femme et par la même ma belle mère. C'est elle qui s'occupe de la cuisine, et qui ne laisse sa place à personne jusqu'à maintenant.