Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
La pompe tournait à plein régime, à plusieurs reprises, en attendant un récipient à remplir, le vin continuait à couler en s'évacuant par un caniveau jusqu'à l'extérieur. A un moment donné un des chauffeurs, complètement excite, rata son pas de danse devant la trappe d'accès, et tomba dans la cuve disparaissant sous le liquide. Il fallu deux gars costauds pour le sortir et, en plus d'un bain " vinifiant" le baigneur s'était gravement éraflé tout un côté du corps en tombant, mais il ne semblait pas trop souffrir. En tous cas il dût se déshabiller et se rincer au robinet , puis quelqu'un lui prêta des vêtements secs et, se tortillant un peu, il reprit sa place au volant de son camion.
Je ne sais pas ce qu'est devenue cette coopérative mais il restait certainement cinq ou six mille litres de vin dans les cuves, quel gâchis, mais tout de même quelle rigolade, on en parlait encore à l'escadron un mois plus tard. Toujours le même Durand avait récupéré la cinquantaine de bouteilles qui restaient au sous sol, et au PHR quelques uns des copains prirent quelques cuites sévères. Quant au vin de la citerne il fut bon au début, buvable pendant quelque temps, mais un bon tiers de la citerne fut perdu, le soleil et la ferraille du contenant sûrement pas très propre, ne lui avait pas plut et Mimile en fit du vinaigre, en tous cas pour une partie.
Je repris mes habitudes au cantonnement, mais fin juillet et la première quinzaine d'août la chaleur fut terrible , la température atteignit et dépassa sûrement les quarante cinq degrés plusieurs jours de suite. Le sirocco souffla pendant une semaine, jours et nuits, rendant le sommeil difficile et les journées pénibles. La plupart d'entre nous, souffraient de plus en plus de dysenteries, les légumes et fruits frais nous manquaient, provoquant des jaunisses et des gastrites dans tout l'éffectif.