(Europe1, 18/12/2008, 20h28)
En déplacement dans les Vosges jeudi, Nicolas Sarkozy a accusé l'opposition de semer "la pagaille" à l'Assemblée nationale pour "le seul plaisir d'empêcher des réformes". "Ce n'est pas l'opposition qui sème la pagaille. C'est cette frénésie de réformes inutiles, bâclées et bourrées d'injustices", a répondu le socialiste Jean-Marc Ayrault. Mercredi soir, les débats sur le travail dominical ont donné lieu à de très vifs échanges, entraînant une interruption de séance. Ils ne reprendront que le 15 janvier.
Après François Fillon qui a accusé Martine Aubry de mentir sur notre antenne, Nicolas Sarkozy a accusé l'opposition de semer "la pagaille" à l'Assemblée nationale pour "le seul plaisir d'empêcher des réformes", jeudi lors d'un déplacement dans les Vosges. "Que l'opposition, si elle a des idées, n'hésite pas à les donner pour résoudre les problèmes de la France, je serais très heureux de les écouter et de les entendre", a dit le chef de l'Etat, lors d'une table ronde sur l'avenir de la ruralité.
"Les injures, le blocage systématique, empêcher de voter des textes, empêcher des réformes pour le seul plaisir d'empêcher des réformes, inquiéter des jeunes pour le seul plaisir d'inquiéter des jeunes, c'est pas la démocratie ça c'est la pagaille", a ajouté le chef de l'Etat. "Je comprends parfaitement qu'il y ait une opposition qui n'est pas d'accord avec la majorité, mais enfin, il y a manière et manière de s'exprimer, de faire valoir ses idées", a expliqué Nicolas Sarkozy. "Je ne pense pas qu'en s'agitant avec des pancartes et avec des badges sur les bancs de l'Assemblée nationale, on rende particulièrement fiers les électeurs qui ont voté pour vous. Les gens n'ont pas voté pour nous pour avoir un combat de boxe, pour donner un spectacle un peu ridicule, un peu caricatural."
Réponse du tac au tac du groupe socialiste à l'Assemblée. "Ce n'est pas l'opposition qui sème la pagaille. C'est cette frénésie de réformes inutiles, bâclées et bourrées d'injustices", a estimé le patron des députés PS. "Je voudrais rappeler au président de la République qu'il n'est pas le président de l'Assemblée nationale. L'opposition s'exprime dans le strict respect des règles parlementaires", a ajouté Jean-Marc Ayrault.
Au lendemain du débat houleux à l'Assemblée sur le travail le dimanche qui a tourné court, François Fillon a annoncé jeudi matin sur notre antenne que l'examen de la proposition de loi ne reprendrait qu'en janvier, une fois que "les esprits" se seront "calmés". Et ce alors que Nicolas Sarkozy avait exigé qu'il débute avant Noël pour ne pas donner l'impression de reculer. Les débats ont été suspendus peu avant minuit mercredi à la demande du président du groupe UMP à l'Assemblée, Jean-François Copé, qui a dénoncé "les menaces physiques" et "les injures" de l'opposition. Un incident a notamment opposé le député communiste Maxime Gremetz à un député UMP, qui ont dû être séparés par des huissiers de l'Assemblée.
Outre la vive tension dans les travées, la majorité risquait de voir votée une motion de procédure en raison du nombre plus important de députés à la gauche qu'à la droite de l'hémicycle. Les débats sur le projet de loi du député UMP Richard Mallié devaient initialement reprendre ce jeudi. "On va reprendre les débats tranquillement au mois de janvier après que les esprits se soient calmés", a expliqué le Premier ministre sur Europe 1. "Il valait mieux interrompre les débats", a jugé le chef du gouvernement. "Il y a beaucoup d'énervement à l'Assemblée, ce n'est pas complètement anormal, on est à la fin de l'année."
1 extrait audio