Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
L'entrecôte arriva, fumante, odorante, énorme on ne voyait plus l'assiette, le nappage de la sauce était somptueux. Un autre serveur apporta un plat débordant de frites blondes, avec un saladier de salade frisée du plus bel effet.
Je dois dire que tout les deux nous appréciâmes ce repas , qui fut le meilleur depuis longtemps et aussi le premier de notre nouvelle vie civile, bien que nous fussions encore habillés en militaire. Je n'avais jamais mangé une viande aussi tendre, saignante et savoureuse à souhaits. La sauce parfumée, légère et assaisonnée à point complétait cette assiette confectionnée sûrement par un vrai chef de cuisine . Après les délicieuses frites, point n'était besoin de fromage. Mais une large part de tarte aux pommes et un bon café terminèrent de repas que nous avions trouvé fabuleux.
Au moment du café, le patron vint nous voir, comme promis, C'était un homme d'une cinquantaine d'années légèrement bedonnant, mais un regard franc et direct, pas très grand et un sourire presque permanent. Il me fit penser à l' acteur de cinéma Fernand Sardou, mais avec un type un peu espagnol.
- Bonsoir messieurs! alors ça vous a plu? Si j'ai bien compris c'est la quille! Contents de rentrer hein!
Nous ne pouvions qu'acquiescer à ces trois questions la quatrième arriva aussitôt.
- Alors comment ça se passe là bas, ça va mal à Alger, ce soir aux informations ils nous disent pas tout, mais je vois des anglais ici, et leurs journaux à eux en disent beaucoup plus , mais même en faisant la moyenne des deux ça n'a pas l'air de rigoler, et personne n'ose prédire de ce qui va se passer, mais il y aurait déjà plusieurs morts parait-il.