Ecriture des " Mémoires d'un spahi" Actualités, peepole, humour, liberté, photos liberté
Je terminais mon parcours jusqu'à la porte de sortie comme dans un rêve, apercevant au dernier moment Camille, et sa soeur Madeleine qui n'aurait manqué pour rien au monde le retour de l'enfant prodigue.
Après les effusions bien naturelles des retrouvailles devant la grande porte , nous traversâmes le hall jusqu'à la sortie et laissant les deux femmes descendre les deux marches et avancer vers la " Dauphine" du garagiste affrétée pour l'occasion, je m'arrêtai quelques secondes en haut des marches pour savourer cet instant marquant pour moi le départ d'une vie nouvelle.
Pendant les derniers mois, bien que j'ai eu largement eu le temps de réfléchir, je n'avais pas encore d'objectif précis. Je savais que je ne retrouverais pas mon ancien patron qui avait déposé le bilan. Je n'avais pas de projet établi, mais une envie féroce de réussir comme on disait. J'avais un métier, et j'étais courageux. Camille était une travailleuse forcenée, que l'allais épouser bientôt et la sortir de ce travail épuisant qu'elle faisait depuis plus de six ans pour un salaire de misère.
Camille et moi n'avions rien, sauf une bonne santé, mais ce dont nous étions sûrs c'est qu'on voulait s'en sortir, on ne voulait pas vivre la vie de paria de mes parents, qui s'étaient échinés en fermage sur des terres stériles,et continuaient à trimer pour gagner juste de quoi manger, pas plus que la mère de Camille qui s'usait la santé comme journalière en faisant des lessives et le travaux des champs dans les fermes pour des salaires ridicules. Donc le temps de me remettre dans le bain, et on allait foncer sans trop réfléchir, fonder une famille, vivre notre vie. Nous n'avions pas envie d'être riches , mais nous étions certains que notre courage , notre honneteté, nous permettrait d'accéder à une vie normale, en travaillant peut-être un peu plus que d'autres, mais pas pour rien.
FIN
Tous droits de reproduction réservés ( Etampes le 23 janvier 2009)
terminé Janvier 2009